DANS LES SOULIERS DU CPT….

267
0
Share:
TRiboLAND

Par J.L.T.

Enfin, les dés sont jetés. Un nouveau locataire prendra gîte à ce Palais en lambeaux désormais devenu la Maison du Peuple. Mais de quel peuple s’agit-il ? Est-ce celui des faubourgs de la Capitale et des grandes villes de province ou la faune des bidonvilles dressées comme des vérrues à l’entrée des nouveaux aglomérats cossus,témoignages en béton armé des conquêtes matérielles d’individus en transfert de classe? Est-ce encore cette horde de barbares déchaînées que des politiciens en mal de popularité lancent sur les foyers de paisibles citoyens à chaque fois qu’ils évoquent des tranches d’histoire pour masquer leur impéritie congénitale de procéder démocratiquement à la gestion de la République? Les dés sont jetés. Une nouvelle équipe lavalassienne avec Maryse Pénette va tenter de mettre de l’ordre dans les écuries d’Augias. Fort heureusement, la populace est toujours présente, drapée dans sa légitimité numérique prête à faire le coup de pierre ou de machette sur tous ceux, innocents ou coupables, qui l’ont quarante ans durant, tout au fil de l’histoire, maintenue à l’écart des tables de festivité. Y parviendront-ils dans l’état actuel des choses?

Depuis tantôt quarante ans que dure la ” bamboche démocratique” malheureusement décrétée par ceux-là même qui avaient pour mission de lui imprimer une orientation plus orthodoxe, Haïti a connu tous ces gouvernements successifs. Ces gouvernements ou ces régimes tout à fait éphémères et poignants n’ont rien apporté à la Société Haïtienne en termes d’amélioration et des conditions de vie. Pire encore, ils l’ont précipité dans un abîme sans fond en creusant davantage entre les membres de cette Société le fossé des inégalités et en dressant les uns contre les autres des citoyens qui, au terme de leurs disputes familiales ont toujours fini par trouver le chemin de l’entente.

Depuis tantôt quarante ans que dure cette comédie macabre, malgré la présence,sur le terrain des hostilités de congénères munis de diplômes, on observe un piétinement inaccoutumé dans la marche vers une solution définitive. C’est que, nouvelle Tour de Babel dans l’écrin de la modernité, Haïti est devenue le théâtre incongru, où les répliques se donnent en des langues inconnues l’on ne sait plus qui est qui.

Dans ce pays transformé en mouroir pour les besoins de la Cause dont on ne saisit ni les tenants ni les aboutissants, l’état de grâce concédé au CPT est bel et bien terminé. Président fabriqué de toute pièce par le secteur anarcho-populiste, le CPT a eu les mains liées par les nouvelles donnes d’une conjoncture atroce héritée de leurs prédécesseurs .En effet, en sus des problèmes socio-economico-politiques, le CPT devait se collecter aux exigences de la privatisation, phénomène nouveau dans le circuit historique haïtien. Quoiqu’il en soit, le chemin pris par ce gouvernement était jonché d’embûches, Il est tout à fait scabreux et inapproprié à la rectitude de l’itinéraire normal de “Président de la République “. En quelques mots, le CPT annonce les couleurs. Nul n’est à l’abri, ́ni le fonctionnaire moyen qui, à force d’économies est parvenu à se construire une petite maison à Delmas ou en Plaine, ni l’expatrié qui, après avoir affronté l’enfer de neige de l’Amérique du Nord et de l’Europe, ramène ses os dans une petite construction à Kenscoff, Delmas etc.Nul n’est à l’abri. Et qui pis est, la sémantique haineuse continue de plus belle.

Comme stupidité inénarrable, on ne fait pas mieux. Car, comment espérer maintenir, en dehors des affaires publiques, un secteur qui, non seulement, a l’expérience et l’habitude du pouvoir, mais encore dans l’apathie de son silence et les rigueurs de son équilibre interne a tenu la dragée haute à toutes les tentatives politiques des gouvernements de la transition? Comment diriger le pays sans les “duvaliéristes “qui, en dépit de leurs défauts majeurs et quelquefois de leurs inconséquences désastreuses, détiennent l’avoir et le savoir: deux atouts- maîtres dans l’art de gouverner ? Comment enfin réaliser cet énième coup d’État de maintenir les duvaliéristes dans la dynamique de l’aliénation, de la culpabilisation et de l’isolement inconstitutionnel et illégal en espérant que ces derniers se contenteront d’admirer béatement le spectacle ahurissant de la Patrie en proie aux virus puissants d’une maladie dégénérative ? Il faudrait pour cela que la gauche haïtienne se lève très tôt pour exécuter sa symphonie macabre d’élimination physique de toute une classe d’hommes même si dans sa besace, elle n’a que ce type d’argument à offrir à la faim séculaire d’un peuple miséreux

Instance hautement parasitaire, la Gauche Haïtienne n’existe que par ce qu’onappelle la”menace duvaliériste”
Éliminer ce secteur et la Gauche disparait d’elle-même.Car, un peuple sans motif de lutte est aussi un peuple sans histoire. Un peuple sans histoire n’a pas sa place dans le relèvement des défis internationaux. Comme l’a toujours prôné le ” Mouvement lavalas”, il n’a qu’à s’en remettre aux aléas de la gestion internationale, qu’à confier son destin au jeu des consortiums internationaux plus portés à réaliser leurs desseins hégémoniques que disposés à aider réellement les crétins sonores du Tiers-Monde auxquels semble cruellement faire défaut un certain chromosome. Mais tenter d’expliquer tout cela à des gens qui ont pris l’habitude d’élever la haine stérile au niveau des vertus théologales, cela revient à creuser un lac au niveau de l’océan.

Et c’est dommage, vraiment dommage qu’un aussi beau pays qu’Haïti compte autant d’ignares dans les rangs de ses fils et de ses filles!

Share:

Leave a reply