Les États-Unis préparent le déploiement de milliers de soldats lourdement armés en Haïti, avec pour mission de démanteler une fois pour toutes les gangs qui sèment la terreur.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Les États-Unis, en partenariat avec le Panama, ont proposé la création d’une « force de lutte contre les gangs » composée jusqu’à 5 500 membres en uniforme. Cette initiative vise à combattre les organisations criminelles en Haïti, dans un contexte où l’État haitien, incapable de reconquérir le territoire — notamment à Port-au-Prince, largement sous contrôle des gangs — cherche à renforcer ses capacités de sécurité.

Cette force disposerait de pouvoirs d’arrestation et de détention, ainsi que d’équipements militaires avancés, y compris des armes létales. Parallèlement, le plan prévoit la création d’un bureau de l’ONU en Haïti pour fournir un soutien logistique et opérationnel, ce qui permettrait de sécuriser un financement durable, souvent absent dans les efforts antérieurs contre la criminalité organisée.

Plusieurs acteurs internationaux — notamment le Canada, le Salvador, les États-Unis et le Kenya — pourraient participer, avec ce dernier jouant un rôle de « leadership stratégique ». Toutefois, la faisabilité de cette participation reste incertaine, selon des experts, en raison du manque de clarté sur la contribution en forces et en fonds.

Le contexte est d’autant plus critique que la mission dirigée par le Kenya n’a pas réussi à stabiliser la situation ni à récupérer des territoires. En réponse, les États-Unis préparent une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU visant à renforcer le soutien international, notamment en proposant de financer l’opération via le budget de la paix, ce qui témoigne d’une volonté d’accroître l’engagement multilatéral.

Kimberly J. Penland, vice-chef de mission des États-Unis auprès de l’OEA, a indiqué que l’administration Trump envisageait également de solliciter une forte participation régionale pour assurer la direction stratégique de cette future force, dans une optique de légitimation et d’efficacité accrues.

Ce projet s’inscrit dans une vision à long terme, avec une feuille de route de trois ans et un budget estimé à 2,6 milliards de dollars. La moitié de cette somme serait consacrée à la reconstruction de la police nationale, à la réforme judiciaire et au démantèlement des gangs, pour tenter de répondre aux racines structurelles de l’insécurité.

Face à l’incapacité de l’État haïtien à faire face seul à cette crise, des acteurs non étatiques, notamment des sociétés de sécurité privées, prennent une place de plus en plus importante. La semaine dernière, Reuters a rapporté que Erik Prince, fondateur de Blackwater et dirigeant de Vectus Global, envisageait de déployer rapidement plusieurs centaines de mercenaires pour soutenir les efforts de stabilisation. Selon lui, l’objectif est d’atteindre un contrôle territorial et routier permettant de voyager en toute sécurité entre Port-au-Prince et Cap-Haïtien d’ici un an, illustrant une approche potentiellement controversée mais pragmatique face à une crise persistante.

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