SANS LUNETTES ET SANS COMPLAISANCE….

Trop d’acteurs, trop d’intervenants,… Et, comme arbitre :les forces d’occupation qui surveillent le tout, sans aucune nuance d’implication sérieuse. Des observateurs qui observent, on ne sait quoi, on ne sait qui. Le même chaos se poursuit. Le même fanatisme règle la vie politique. La même anarchie régit l’existence de la nation. La communauté internationale semble s’en moquer, compte tenu de son laisser -aller vis- à- vis de la situation ambiguë qui prévaut actuellement dans toutes les sphères de décision. Ainsi va le monde.Ainsi se déroule une histoire sans fin dans un pays sans norme.
Cette semaine, comme pour confirmer nos craintes d’une dérive sordide chez les dirigeants étrangers d’Haïti, une lettre accusatrice circule sur le Net. Tant qu’il ne s’agit pas de simple médisance ou de calomnie, elle mérite toute notre attention. Qu’on débarrasse au plus vite l’horizon national de cette pourriture aérienne ! Et dire qu’il fut pourtant un temps où l’haïtien était le modèle à suivre en tout ce qui concerne la fierté, la dignité, la suffisance, la solidarité, l’hospitalité… Sa vie exprimait ce que l’ethnie avait de + pur et de + sain en elle. Et l’écho de ses prouesses se répercutait de cimes en cimes, de la Caraïbe à l’Amérique du Sud en passant par l’Amérique du Nord. Les + représentatifs d’entre nous ont forcé la plume des + grands écrivains du monde à nous rendre hommage. Alors, pourquoi deux siècles + tard, sommes-nous devenus la risée du monde entier qui se croit obligé de nous prendre en pitié, “cette pitié dangereuse “dont parle Stefan Zweig? Cette espèce de sentiment qui fait +de mal que de bien à celui qui le reçoit et qui déshumanise complètement celui qui le donne .Il fut un temps où tous les pays réglaient eux- mêmes leurs problèmes sans ingérence étrangère, sans interférence quelconque. Et le monde se portait beaucoup mieux. Mais à partir du moment où la découverte du remède- miracle de la démocratie a commencé à faire ses preuves un peu partout, Haïti était devenue le laboratoire par excellence pour la mise en pratique des théories furieuse des fabricants d’idéologies.
Il est vrai que ces petits façonniers ont frappé un mur lorsqu’ils ont voulu imposer leur point de vue à ce qu’il est venu d’appeler ” les Anciens Haïtiens”. Mais il est aussi certain qu’ils ont, par la suite, reçu l’aide de collaborateurs empressés qui, par leurs agissements et leur influence, ont démontré au monde entier qu’ils avaient encore la nostalgie de la prise en charge, la vocation de l’esclavage. Ce sont ces mêmes individus, porteurs d’une tare originelle de “Congos” qui, aujourd’hui, reparaissent sur la scène pour terminer le travail commencé par l’imposteur en soutane. Ce sont ces mêmes défaitistes qui viennent dire aux héritiers de ces “Hommes – debout”, auteurs de l’apothéose de 1804 qu’aujourd’hui ́ils doivent reconnaître leur impuissance et surtout consentir à retourner sous le commandement des fils et petits- fils de colons. Ce sont ces mêmes crapules, propriétaires de châteaux dans toutes les métropoles étrangères, qui diront au peuple:” Prenez donc les fusils que je vous ai distribués, massacrez vos frères, vos parents, vos aînés, détruisez cette culture et ces institutions qui vous ont fait connaître et mettez-vous sous la garde de vos tuteurs coloniaux”.
Voilà un peu le sens de la situation que connaît le pays haïtien. D’un côté, les éternels reptiliens et autres batraciens des marécages puants. De l’autre, ” les battants qui savent bien que sous le règne du crime, la place de l’honneur est dans le feu qui détruit en purifiant et dans la lumière qui revitalise en imposant la vertu”.
Maintenant, la petite histoire des élections attirent les regards de ceux qui prétendent que la ” récréation est terminée ” comme si nous étions ces potaches qui s’amusent sur les cours d’écoles dans l’attente d’un bonbon de récompense. La petite histoire des élections se déroule dans la confusion des leaders et autres acteurs et dans les déclarations malencontreuses des crétins sonores qui ne comprennent même pas le sens des mots: alliance, unité, performance. Pourquoi donc tant d’hésitations dans l’organisation des comices?
Nous avons toujours pensé que les élections équivalaient à un acte de souveraineté nationale. Nous avons toujours cru qu’il revenait aux Haïtiens eux-mêmes d’en prévoir l’organisation et d’en planifier la réussite quels que soient les moyens utilisés: artisanaux, folkloriques, enfantins même. L’acte de foi que nous professons maintenant est celui d’un homme aux yeux duquel,on a fait miroiter pendant trop longtemps ” l’impossible rêve d’un impossible destin” et celui d’un citoyen qui, longtemps a jeté aux orties toute la liste des bonnes manières importées pour ne s’en tenir qu’aux bonnes vieilles intuitions susceptibles de creuser un passage vers le progrès, vers l’Infini en faveur d’un peuple qui commence à en avoir marre réellement.
J.L.T.






