“Port-de-Paix en Ébullition : Entre Nostalgie, Divisions et Espoir de Renouveau”

Par TRiboLAND.com
Depuis plusieurs jours, la ville de Port-de-Paix se trouve au cœur d’un tumulte qui ne cesse de secouer ses habitants et d’attiser les débats. Tout a commencé avec une déclaration diffusée sur WhatsApp, le samedi 27 juin 2026, par Raymond Fedner Destima, plus connu sous le nom de Daraymond. À la fois homme d’action et figure influente dans la sphère de la jeunesse et du sport, il a brusquement pris position sur la question de l’identité et de l’appartenance dans cette cité historique.
Dans ce message, Daraymond a affirmé, sans détour, que ceux qui résident à Port-de-Paix sans en être originaires ne devraient pas s’impliquer dans ses affaires. Il leur aurait conseillé, avec une certaine fermeté, de retourner dans leur localité d’origine. La déclaration a été perçue comme une mise en garde, voire comme une exclusion, qui a profondément choqué une partie de la population. Pour certains, cette déclaration sonnait comme un rejet de ceux qui ont choisi de faire de Port-de-Paix leur lieu de vie, une déclaration qui semblait alimenter les divisions plutôt que de promouvoir la cohésion.
Mais ce n’était pas tout. Daraymond s’est aussi exprimé sur la Place Publique de la ville, qu’il considère désormais comme étant sous sa responsabilité exclusive. Il a promis de redonner vie à cet espace emblématique, autrefois lieu de rassemblement et de convivialité. Une promesse qui, pour beaucoup, paraît bien fragile face à la polémique qu’elle a suscitée.
Les réactions n’ont pas tardé à affluer. Sur les réseaux sociaux, des citoyens, des jeunes et des anciens, ont dénoncé ces propos qu’ils jugent discriminatoires, porteurs de haine et de division. Pour eux, Port-de-Paix est une ville haïtienne où chacun, quelle que soit son origine, doit avoir le droit de vivre, de travailler et de participer à la vie collective. La ville doit être un espace d’intégration, de solidarité, et non un terrain de confrontation ethnique ou sociale.
Face à cette tempête, plusieurs voix se sont élevées pour inviter Daraymond à revoir sa position. Certains lui ont rappelé que la richesse de Port-de-Paix réside justement dans sa diversité, dans cette mosaïque humaine qui a toujours fait la force de la ville. D’autres, comme TRiboLAND.com, sont plus pragmatiques, évoquent les défis cruciaux auxquels la cité doit faire face: la prolifération des bidonvilles, les entrées des galeries réservées aux résidents sont envahies par des vendeuses très agressives, l’accumulation de déchets sauvages, la transformation des trottoirs en zones réservées aux jeux de hasard (borlette), la dégradation de ses espaces publics, la montée des conflits fonciers, le pillage de terrains, ou encore l’envahissement anarchique par des constructions non réglementées. En ces temps difficiles, la ville a besoin d’unité, de dialogue et d’efforts conjoints pour retrouver son éclat d’antan.
Tous s’accordent à dire que ces problèmes ne peuvent plus attendre. La situation est critique. La ville, dans son état actuel, est en danger. La responsabilité revient à chaque habitant, qu’il soit né ici ou qu’il ait choisi Port-de-Paix comme chez-soi, de prendre conscience de sa contribution à la reconstruction et à la préservation de leur patrimoine commun. Il ne s’agit pas simplement d’expulser ou de rejeter, mais d’engager un processus de négociation, de compréhension mutuelle, afin de bâtir un avenir meilleur pour tous.
Pour TRiboLAND.com, le Nord-Ouest a toujours été reconnu pour son hospitalité exceptionnelle. La réputation de cette région repose sur la chaleur humaine de ses habitants, leur accueil sincère et leur ouverture. Pourtant, aujourd’hui, cette image est mise à mal par la dégradation progressive des espaces publics, notamment la Place de Capois Lamort ou le Champ d’Aviation, devenus des symboles de la négligence et de l’abandon. Ces lieux évoquent la nostalgie d’un passé où la ville rayonnait de beauté, d’ordre et de fierté.
Daraymond, porteur de cette nostalgie, souhaite sans doute rappeler à tous que le changement commence par la conscience civique, par la responsabilité de chacun. Son appel à la réappropriation des espaces publics, à la reconstruction de la ville, témoigne de cette volonté de voir Port-de-Paix retrouver son lustre d’antan. Il veut que la ville devienne à nouveau un lieu où il fait bon vivre, où la propreté, le respect et la solidarité règnent en maîtres.
Mais pour cela, il faut aussi dépasser les divisions, écouter et dialoguer. La ville doit sortir de ses divisions artificielles, de ses ressentiments, et s’unir pour défendre son avenir. La véritable force de Port-de-Paix réside dans sa capacité à rassembler, à accueillir, et à faire preuve d’une résilience exemplaire face à l’adversité.
En fin de compte, Port-de-Paix demeure une ville d’hospitalité, de courage et de persévérance. Son histoire témoigne d’un peuple capable de se relever après chaque tempête. Mais cette renaissance ne pourra se faire sans un effort collectif sincère, sans une volonté partagée d’embellir et de protéger cette cité qui a tant donné à ses enfants. La route est encore longue, mais si chacun prend conscience de ses responsabilités, alors l’avenir pourra s’écrire avec espoir, dans la paix et la solidarité.






