“ET S’EFFRITE LA MORALE ET S’EFFRONDRE UN PAYS”

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TRiboLAND

Par J.L.T.

“La proximité de la mort, disait Jean Paul Enthoven, dissipe toute pudeur”.En Haïti, la mort a un nom: la politique. Non la science, non la connaissance. Non plus cette discipline éthérée, efficace, efficiente qui apprivoise l’humeur collective et la courbe sous la pression des circonstances. La politique est devenue la mort qui s’échappe des ossuaire en putréfaction, hante les nécropoles désaffectées et rôde autour de notre insulaire éprouvante. Autrefois, faculté de comprendre, moyen par lequel les habitants de la Cité se proposaient de mettre de l’ordre dans leur cadre existentiel, la politique s’est convertie en sauce universelle où trempent tous les condiments de la flore tropicale. Un bouillon de culture pour microvirus hautement maléfiques, audacieux même pour tenir aux compatriotes angoissés, exténués, désespérés, le langage cru des dialogues d’hommes qui se souviennent et qui veulent corriger l’itinéraire de l’histoire.

Il est vraiment regrettable de constater que l’Haïtien de tout temps n’ait pas encore compris les leçons de son histoire. Regrettable que de l’époque pré- colombienne à nos jours, les événements historiques qui se sont succédé sur la terre d’Haïti ne lui aient pas façonné une cuirasse plus résistante aux atteintes mortelles des idéologies importées. De la trahison d’Ovando envers Anacaona à la forfaiture de Brunet vis-à-vis de Toussaint Louverture, du parricide innommable des compagnons de Dessalines au racisme avoué des Congressistes de Panama, de l’ostracisme d’époque envers la République nègre velléitaire à la cavalcade d’agressions des pirates Teutons, l’ Haïtien n’a rien retenu de ce parours sacrificiel des peuples sans defense et sans force de dissuasion. Il ne se souvient même pas des gestes de Boukman, au Bois-Caïman et de Jean-Jacques Dessalines au Congrès de l’Arcahaie. Il ne se remémore pas les hauts faits de l’Ancêtre héroïque terrassant l’hydre esclavagiste Européenne avec les seules armes de la foi et du courage moral. Il ne se rappelle plus que les succès historiques sont tributaires des qualités morales et des vertus congénitales des peuples.

Être un Homme, c’est d’abord se comporter en Homme. Haïti arbrite certainement une population d’hommes de courage qui a toujours témoigné d’une pratique et même d’un culte profond de l’autosuffisance. À ce compte on ne peut s’empêcher d’ évoquer les charmes frustres des” temps longtemps “où les familles haïtiennes se tenaient plus près de la nature organique que du confort superficiel des civilisations de spaghettis, de corn-flakes et de conserves”. Chez nous, la pauvreté a toujours exclu la mendicité.Et l’amour se faisait sous les étoiles, au grand air, loin des émanations morbides des laboratoires modernes où l’ on prépare ordinairement les armes chimiques destinées à la destruction de l’Humanité. VIH, EBOLA, quoiqu’ils fassent, les pays d’ingérence et autres trouvailles n’auront jamais donné raison de ces ethnies qui se reproduisent par scissiparité. Pour chaque tiers- mondiste qui tombe sous le choc des cultures,cinquante se lèvent pour revendiquer leur droit à la vie.

(À SUIVRE) J.L.T.

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