HAÏTI, AU ROYAUME DES CORROMPUS CORRUPTEURS

” SANS FEINDRE NI CRAINDRE…..
En Haïti, l’heure a toujours été grave. Mais elle l’est encore davantage aujourd’hui. Car, l’absence de modèles dans une société prétendument civilisée conduit immanquablement à une baisse générale de la moralité. Et quand on n’a rien à proposer à la jeunesse d’un pays exsangue, on se rabat sur le panégyrique ou le dithyrambique des vautours considérés à tort comme des ” pis-aller qui, par la magie de quelque exercice de style, envolée lyrique et autres astuces de pseudo-intellectuels, seraient capables d’infléchir le cours de l’histoire nationale dans le sens du beau, du bon et du bien. C’est ainsi que depuis plus d’un demi – siècle, les figures politiques, soit disant marquantes à plus d’un titre, se retrouvent associées à la déliquescence morale que connaît le pays, malgré les efforts des critiques et des laudateurs circonstanciels qui ont toujours fait profession d’enrober nos Chefs d’État les plus indignes dans une chasuble d’honorabilité et de respectabilité. De Paul Magloire à François Duvalier, d’Aristide à Préval, sans exclure la cohorte des provisoires: Namphy. Avril, Ertha Trouillot, de même que le coloré ” Professeur ” bénéficiaire constitutionnel d’un bail de trois mois au “Palais National”, la mascarade s’est poursuivie pour atteindre un certain paroxysme avec les Nérette, Bazin, Jonassaint et plus près de nous l’ineffable Gérard Latorture qui, pour être une tortue, s’est plutôt transformé en lièvre pour échapper à la justice lavalassienne revancharde et mesquine. Malheureusement, pour ce dernier, l’accusation fut de taille: concussion et vols de biens de l’État. Vraie ou fausse, cette accusation eut raison de ce dernier rempart de l’intelligentsia haïtienne à propos de laquelle on se demande s’il avait des aptitudes réelles pour exercer les hautes fonctions politiques au pays de Dessalines.
Et c’est à ce moment précis où l’on se pose des questions sur la capacité de gouverner de nos élites que la Presse haïtienne se fait l’écho d’arrestations diverses d’un Franck Ciné ou des Brandt, du vote de censure pris à l’encontre d’un Ministre de la Culture sans envergure sous couvert de lutte contre la corruption. Mais que se passait-il dans les écuries d’Augias ? Suffisait-il de quelques larbins mal intentionnés ou de quelques sous-fiffres surpayés pour enlever la saleté qui collaient au pas des innommables sénateurs que l’un d’entr’eux avaient pointé du doigt au mépris de sa propre sécurité. Suffisait-il de tonitruer à tribord et à bâbord pour convaincre le pays profond et l’internationale d’une soi-disant bonne foi à lutter contre la corruption? Depuis quand certains actes pouvaient- ils être posés sans l’accord de l’Exécutif. Qu’on se rappelle ce mot tristement célèbre du dictateur Dominicain Raphaël L. Trujillo, à l’occasion de l’investiture de ses Ministres et autres hauts fonctionnaires :” Senores, à partir d’aujourd’hui, je suis le seul voleur de ce pays”.
J.L.T.
(À SUIVRE)






