Pérou : Conflits intenses à Lima alors que la police et les manifestants anti-gouvernement s’affrontent dans une effusion de violence

Par TRiboLAND.com
Samedi, environ 500 personnes ont pris part à une manifestation à Lima, dénonçant la politique du gouvernement péruvien. Ce rassemblement a rapidement dégénéré en violents affrontements avec les forces de l’ordre, selon plusieurs journalistes étrangers présents sur place.
Organisée par le collectif de jeunesse de la « Génération Z », la manifestation a pris une tournure plus conflictuelle lorsque des manifestants ont tenté de s’approcher des sièges du pouvoir exécutif et du Congrès, situés dans le centre de la capitale. La police a alors procédé à une dispersal à l’aide de gaz lacrymogènes, tandis que les manifestants répliquaient en lançant des pierres et en brandissant des bâtons, dans une atmosphère de plus en plus tendue.
Plusieurs images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux témoignent de personnes blessées lors de ces affrontements. La radio péruvienne Exitosa rapporte notamment que l’une de ses journalistes et un caméraman ont été touchés par des projectiles ou des gaz lacrymogènes. La police a également communiqué sur son compte X (anciennement Twitter) que trois de ses agents ont été blessés lors des événements.
Ces protestations s’inscrivent dans un contexte de malaise social croissant au Pérou, où la population dénonce la corruption endémique, ainsi que la récente adoption par le Parlement d’une réforme du système de retraites, perçue comme injuste et préjudiciable pour les travailleurs. Celene Amasifuen, une jeune manifestante de 19 ans, déplore : « Le Congrès n’a aucune crédibilité, il n’a même pas l’approbation du peuple… Il met le pays dans un état désastreux. »
En cette fin de mandat, prévu pour le 28 juillet 2026, la présidente Dina Boluarte connaît une crise de popularité sans précédent, alimentée par une recrudescence des extorsions commises par des gangs et d’assassinats liés au crime organisé. La situation sécuritaire demeure très fragile, et la majorité de l’opinion considère que le gouvernement et le Congrès, majoritairement conservateur, sont profondément corrompus, selon plusieurs sondages d’opinion.
Par ailleurs, cette semaine, le pouvoir législatif a adopté une loi obligeant les jeunes de plus de 18 ans à cotiser à un fonds de pension privé, une mesure qui suscite la colère dans un pays où les conditions de travail restent précaires pour une grande partie de la population. Le Pérou, qui est le deuxième producteur mondial de cocaïne après la Colombie, selon l’ONU, fait face à de nombreux défis sociaux, économiques et sécuritaires.






