Haïti en deuil : le silence s’installe après la perte de Déjean Bélizaire, l’éminent ancien président du Sénat.

Par TRiboLAND.com
La nouvelle s’est répandue comme une onde, annonçant le décès de Déjean Bélizaire, figure emblématique de la vie politique haïtienne. À l’âge de 90 ans, cet ancien président du Sénat a quitté ce monde un jeudi 18 septembre, laissant derrière lui un parcours marqué par l’engagement, la résistance et la défense de la souveraineté nationale.
Né en 1935 à Petite-Rivière-de-l’Artibonite, Bélizaire avait commencé sa vie loin des cercles politiques, en tant qu’ingénieur spécialisé en hydrologie et hydraulique. Mais sa vocation pour la lutte pour la démocratie s’était révélée dès les années 1950, lorsqu’il était encore étudiant. Militant dans le Mouvement National Patriotique du 28 Novembre (MNP-28), il avait su faire entendre sa voix dans un contexte marqué par les tumultes.
En 1990, élu sénateur, il s’était rapidement imposé comme une figure centrale de la scène politique. Deux ans plus tard, en pleine crise post-coup d’État contre Jean-Bertrand Aristide, il avait pris la tête du Sénat le 29 août 1992, incarnant l’espoir d’une transition démocratique. Son mandat, toutefois, fut marqué par une instabilité abyssale, et il quitta ses fonctions le 31 janvier 1993, alors que le pays vacillait sous la pression des forces politiques et étrangères.
Les années qui suivirent, Bélizaire continua de s’impliquer dans les débats cruciaux sur l’avenir d’Haïti. Son engagement le conduisit même à se porter candidat à la présidence provisoire en 2016, une tentative qui n’avait pas abouti. Pourtant, il restera dans les mémoires comme un homme de principes, toujours en faveur de compromis institutionnels, méfiant face aux ingérences venues d’ailleurs.
Son décès clôt une vie dédiée à la lutte pour l’indépendance et la souveraineté d’Haïti, un parcours qui a résisté aux vents contraires des luttes de pouvoir et des pressions internationales, et qui continue d’inspirer ceux qui rêvent d’un avenir plus juste pour la nation.






