Les communautés dominicaines et haïtiennes expriment leur profonde déception envers le gouvernement Abinader, qu’elles tiennent pour responsable de la marche de Friusa.

Par TRiboLAND.com
Vingt-deux organisations, issues de la République dominicaine et d’Haïti, ont fermement condamné la marche qui s’est tenue le 30 mars à Hoyo de Friusa, la qualifiant d’acte de xénophobie qui alimente la haine raciale et intimide les travailleurs haïtiens dans la région. Ces organisations voient cette manifestation comme une menace directe à la sécurité des immigrants, en attirant l’attention sur le harcèlement, l’extorsion et la violence que subissent quotidiennement les Haïtiens, notamment à Uvero Alto, Bávaro, Cap Cana, Verón et Punta Cana, de la part d’agents de l’immigration, de la police et des militaires.
Les groupes accusent des factions d’extrême droite et des influenceurs d’avoir orchestré cette marche armée avec le soutien de politiciens, en particulier des partisans de Trujillo, tout en affirmant que le gouvernement dominicain porte la responsabilité de la violence qui pourrait en résulter. Ils exigent que le président Abinader cesse de promouvoir des discours racistes et prenne des mesures concrètes pour protéger la communauté immigrée.
Dans un communiqué commun, les organisations ont évoqué le meurtre de Pierre Presnor, survenu le 23 mars, et ont appelé à la justice pour lui et à la libération de six travailleurs haïtiens injustement détenus après cet incident. Elles ont aussi dénoncé l’inaction du ministère du Travail face aux violations des droits des travailleurs et à l’exploitation des migrants.
Les groupes perçoivent la marche comme une provocation, insistant sur son illégalité, car ses organisateurs – dont l’influenceur Esmerlin Santiago Matías (Alofoke) – ont incité les participants à porter des armes. Ils ont également dénoncé l’Ordre dominicain ancien pour ses actions violentes, y compris l’enlèvement de Haïtiens, et ses liens présumés avec des activités paramilitaires et la police nationale.
Les organisations appellent le gouvernement à stoppper la marche, redoutant des conséquences tragiques. Cette déclaration, signée par des groupes de défense des droits humains, d’organisations féministes, de syndicats et d’associations de solidarité avec Haïti, exige un arrêt immédiat de la violence anti-haïtienne et la protection des droits des travailleurs migrants.
Certaines critiques soutiennent que Luis Abinader joue depuis longtemps avec le risque d’un massacre d’une ampleur criminelle rappelant le régime de Trujillo, visant les migrants haïtiens vivant en République dominicaine.






