DEVOIR DE FOURBIR NOS PHRASES…..

“La quête du mot juste, son besoin d’exactitude pour traduire les sentiments, sans fard, dépouillé de tout mensonge”.
Je ne pensais jamais avoir à assister à cet état de délitement dans lequel s’enfonce notre pays. J’en pleurerais de rage et de colère. Et je sais que je suis loin d’être le seul. Cette lamentable comédie n’est pas que le produit des circonstances qui semblent s’acharner pour la rendre dérisoire. Elle est le résultat profond d’un pourissement du système politique qui, depuis quarante ans, préfère se complaire dans l’inaction, les petites rivalités de personnes, les compromissions grandes ou petites, les corruptions ouvertes ou tacites. Et de cela , nous mourrons.
Les Haïtiens aimeraient avoir des dirigeants honnêtes et d’expérience. Ils savent bien que ce n’est pas dans les pathétiques affrontements d’ego que se trouve la solution de leurs problèmes quotidiens ni surtout de ceux de leurs enfants. Ils comprennent bien que la plupart des hommes politiques n’ont pas l’amour du pays chevillé au corps, mais l’amour d’eux-mêmes et des honneurs qu’ils convoitent. Ils sentent bien que le pays s’enfonce dans le néant de l’inaction. Déjà, nous avons perdu quatre décennies sous l’effet de la procrastination et de l’insouciance de nos dirigeants politiques.
Fais- moi rire. Nos hommes politiques savent qu’ils n’ont pas la réponse à ces questions, qu’ils n’ont pas le caractère ni les compétences pour affronter ces tempêtes et ils ont préféré mettre en scène le désastreux spectacle de la compétition de leur ego, plutôt que de nous parler de ces sujets difficiles. Pour ma part, il n’y a pas de réponse simple aux problèmes d’Haïti. Tout suppose une analyse lucide, une conscience claire des positions de nos alliés adversaires, un programme cohérent, clair, complet, ambitieux à mettre en œuvre. Une intégrité sans faille, une capacité à imposer des choix, face aux puissants du monde et à leurs chantages. Une expérience de l’exercice du pouvoir en même temps qu’une capacité à oser le neuf. Mais, hélas, la classe politique ressemble à ces parents indignes qui préfèrent mettre la radio à fond pour ne pas entendre les cris de leurs enfants. Un jour, bientôt, les enfants se vengeront.
Par J.L.T.






