Secrétariat de l’ONU : qui sont les quatre candidats pour succéder à Antonio Guterres ?

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TRiboLAND

par Elsa Boilly

À la fin de l’année 2026 s’achèvera le mandat du Portugais Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU, fonction qu’il occupe pour deux mandats consécutifs depuis 2017. En novembre 2025, l’ONU a officiellement lancé le processus d’élection du prochain secrétaire général. Les États membres ont été invités à présenter leurs candidats à ce poste à compter du 1er janvier 2027.

Parmi les candidats publiquement déclarés au poste de secrétaire général de l’ONU figurent l’ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) Rebeca Grynspan (Costa Rica), le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi (Argentine), ainsi que l’ancien président du Sénégal Macky Sall.

Antonio Guterres dirigeait l’Organisation des Nations unies pendant la pandémie de Covid-19 et doit actuellement conduire l’organisation à travers ce qui constitue probablement la plus grave crise budgétaire de ses 80 ans d’histoire. Lors de sa dernière année en fonction, il a annoncé qu’il lui faudrait réduire le budget de l’ONU d’environ 15%, et ses effectifs de près de 20%, en raison principalement de la baisse du soutien financier des États-Unis.

Son successeur sera confronté à des défis considérables, peut-être les plus complexes et les plus durs de l’histoire de l’ONU, dès lors que la position particulière du président américain Donald Trump, qui s’est exprimé à plusieurs reprises de façon négative à l’égard de l’ONU, a remis en cause l’existence même de l’Organisation mondiale. Le monde est submergé par les guerres, les conflits et les crises, tandis que les besoins d’aide humanitaire ne cessent de croître. À cela s’ajoute le fait que l’ONU est confrontée à des coupes budgétaires massives, en particulier de la part des États-Unis. Le poste faisant l’objet d’une rotation entre les régions du monde, le tour revient cette fois à l’Amérique latine et à l’Afrique.

La candidature la plus probable est celle de Rafael Grossi, 65 ans, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), proposé à ce poste par son Argentine natale. Rafael Grossi s’est efforcé de préserver l’accord nucléaire conclu entre les grandes puissances et l’Iran après le retrait des États-Unis de cette entente en 2018, durant le premier mandat de Donald Trump. Père de huit enfants et polyglotte, il parle l’anglais, l’espagnol, le français et l’italien, il a consolidé aussi bien son autorité personnelle que la réputation de l’AIEA grâce à sa «diplomatie douce» dans les crises internationales. De nombreux diplomates considèrent l’Argentin comme le favori de la campagne actuelle pour le poste de secrétaire général de l’ONU.

Âgée de 70 ans, Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, se définit comme une «militante réformatrice», qui «a cru toute sa vie en l’ONU et en son engagement en faveur de la paix, du développement et des droits de l’homme». Économiste de formation, elle se présente comme une «dirigeante mûre» désireuse de faire évoluer l’ONU vers un agenda plus souple à travers la coopération avec d’autres pays, tout en défendant dans le même temps ses valeurs fondamentales. Si Rebeca Grynspan était élue, elle deviendrait la première femme à occuper le poste de Secrétaire général de l’ONU.

Âgée de 74 ans, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet a été de 2010 à 2013 directrice exécutive de l’organisation ONU Femmes (UN Women), qui défend les droits des femmes. Michelle Bachelet a été présentée par le Chili avec le Brésil et le Mexique. Toutefois, en mars, les autorités de son Chili natal, dirigé par le nouveau président de droite José Antonio Kast, ont déclaré qu’elles ne soutiendraient pas sa candidature. Michelle Bachelet a également fait l’objet de critiques de la part de conservateurs aux États-Unis : elle défend le droit à l’avortement.

Géologue de formation, Macky Sall, 64 ans, est le seul Africain parmi les candidats. Macky Sall a été président du Sénégal pendant 12 ans jusqu’en 2024 et met en avant son expérience de chef d’État comme argument déterminant pour sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU. Macky Sall a gravi les échelons depuis la base, souligne le Spiegel. Il est le fils d’un vendeur d’arachides originaire d’une région pauvre d’Afrique de l’Ouest. Durant son mandat présidentiel, il a mis en œuvre d’importants projets d’infrastructure au Sénégal. Il plaide pour une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU afin de répondre aux revendications des pays en développement en faveur de sièges permanents au sein de l’organe le plus influent de l’Organisation mondiale. Macky Sall, qui s’exprime à voix basse et se sent plus à l’aise en français qu’en anglais, a été présenté par le Burundi. Sa candidature a recueilli le soutien de nombreux États africains, mais son Sénégal natal ainsi que le Nigeria le lui ont refusé.

Le choix du futur dirigeant de l’ONU relève exclusivement du Conseil de sécurité, qui se prononce à huis clos. L’élection du secrétaire général de l’ONU dépend ainsi fréquemment du droit de veto des cinq puissances : la Russie, les États-Unis, la France, la Chine et la Grande-Bretagne. Ce n’est qu’ensuite que l’Assemblée générale peut officiellement entériner la candidature par un vote à la majorité simple. Le résultat doit être annoncé au début de l’automne.

Les opposants critiquent ce processus et réclament depuis de longues années des réformes au sein de l’ONU.

source : Observateur Continental

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