HAÏTI, UNE HISTOIRE D’ÉCHEC DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE (SUITE)

199
0
Share:
TRiboLAND

” Diderot confiant en l’avenir, sa chaleur fraternelle rassure apaise. Sa ferveur fait éclater le rationalisme .”

Aujourd’hui, sur les tisons encore chauds de cette époque que les cendres commencent à retomber, il est aisé de comprendre l’attitude de ces nouveaux politiciens qui, fascinés pat la dolce vita intrigante de l’Occident industrialisé, ne rêvent que de tenter leur chance à la loterie du Pouvoir pour ensuite s’envoler vers des cieux plus complaisants pour jouir de leurs rapines en compagnie des membres de leurs familles. Le pouvoir est donc devenu le passage obligé de ceux qui, à tout prix veulent acquérir des richesses faciles. Qu’on se souvienne de ce minus arrêté dans un aéroport Canadien et qui avait en sa possession pas moins de trois cent mille dollars en espèces sans compter sa réserve de comptes bancaires avec six ou sept chiffres dans leur balance . Comment peut-on prendre au sérieux des responsables politiques qui ne s’inquiètent même pas du sort réservé aux enfants, aux vieillards, aux pauvres dont les Pères, eux aussi ,ont versé leur sang pour que ce pays soit libre. Comment comprendre que les classes dites moyennes soient aujourd’hui obligés de s’expatrier pour ne pas être kidnappées, rançonnées ou tuées? Comment comprendre que ces mêmes États auxquels ils ont jadis offert leur plus franche collaboration se fassent aujourd’hui les complices des assassins qui réclament la vie de ceux que, pour les besoins de leur cause, ils ont déjà porté aux nues?

Dans ce pays où il est devenu plus facile de médire que de construire, de tuer que de protéger, d’ériger des prisons pour délinquants chassés des États-unis ou du Canada, au lieu d’institutions scolaires pour combattre l’analphabétisme des enfants et l’ignorance crasse des analphabètes fonctionnels, friands de pouvoirs et de richesses mal acquises, on oublie trop souvent que le bâton de l’Oncle Sam ne fait aucune différence entre le Pacha d’aujourd’hui et le Puissant de demain. Il le frappera aussi bien qu’il l’a fait pour le Shah d’Iran, pour Manuel Antonio Noriega, pour Saddam Hussein et tous ces politiciens du Tiers-Monde qui n’ont pas encore tiré quelque leçon que ce soit de la politique internationale.

Quoiqu’il en soit, il ne se passe pas une semaine sans que les médias Haïtiens ou l’internet ne fassent mention de quelque perfidie ou forfaiture commise par un de nos dirigeants passés ou actuels. Le niveau de la moralité est à ce point bas que l’impression qui reste, c’est que rien ni personne ne pourra sortir Haïti de sa déchéance présente. Quand ce n’est pas un politicien civil que la rumeur publique accuse depuis de quelque acte dolosif, (affaire étouffée des Sénateurs qui ont été, semble-t-il soudoyés par les hommes d’argent en Haïti , ou peut être, je dis bien, peut-être, un règlement de compte à Apaid pour cette affaire de Groupe 184), c’est encore un Ancien Général d’Armée qu’on croyait au-dessus de tout soupçon qui subissait récemment les foudres d’un ancien beau- père de Président. Que les accusations soient vraies ou fausses, l’action publique doit être mise en mouvement, mais la vraie question est de savoir pourquoi collectivement on est descendu si bas? Que voulez-vous? Quand la caque sent le hareng, tous les vêtements des visiteurs ne peuvent qu’ en dégager l’odeur nauséabonde.

Il est peut-être temps qu’une autre génération d’Haïtiens prennent la relève au pays de Toussaint, de Dessalines, de Christophe, de Capois, de Pétion et de tous Nous Autres de l’intérieur et de l’extérieur. Haïti n ‘a que faire de ces espèces de censeurs sans lecture ni écriture qui apparemment, “sans feindre ni craindre” sautent dans les fleuves en crue en oubliant dans une barque démolue par l’usure, le filet de sauvetage indispensable à leur survie. Car, l’ignorance n’est acceptable que quand elle se fait discrète. Qu’on se le dise une fois pour toutes!

Les enfants de parents Haïtiens nés en terre étrangère se posent toujours la question :” Pourquoi leurs grands- parents sont-ils si fiers de leur pays d’origine, alors que la Télévision ne montre, relativement à leur terre natale que les spectacles les plus sordides? Ils se demandent pourquoi ceux qui nous visitent n’ont pas d’autre choix que de se rendre dans les dépotoirs à déchets où l’on retrouve souvent les cadavres de ceux dont la rançon est arrivée en retard ou n’a pas du tout été payée par les parents sans le sou. Ils se demandent encore à quand un nouveau Fouché pour venir mettre de l’ordre dans ce morceau d’île habité par d’innombrables trublions qui n’ont pas encore compris qu’ils ne sont là que pour amuser la galerie et donner bonne conscience aux fils et petits fils de colons repentis. Ils se demandent enfin: “Pourquoi ne laisse-t-on pas vivre en paix, en harmonie avec sa culture profonde, un peuple dont le seul tort fut, en anéantissant les armées du plus Puissant Monarque de l’Europe du dix- huitième siècle, d’avoir donné un peu plus de panache à un simple mot:LIBERTÉ “.

Mais que ces enfants se consolent en attendant la réalisation de leur rêve pour ce pays ostracisé, maltraité par des handicapés nationaux et des nains internationaux! Car, de ce passage d’Aristide à la direction des affaires de l’État, de ce parti improvisé sans vision et sans dimension du nom fatidique de Lavalas, l’ Histoire retiendra que, plus jamais, les rênes du pouvoir ne doivent être confiés à un ramassis d’incultes et d’aigris. En d’autres mots, l’échec de la Communauté Internationale en Haïti n’est pas notre échec. Il faut remonter jusqu’au Président Clinton avec ” son opération de Restauration de la démocratie en Haïti ” pour comprendre que dès le 15 Octobre 1993, la descente aux enfers était amorcée pour ce pays et sa population.
Mais tel le Phénix, Haïti renaîtra de ses cendres.

Jean L. Théagène

Share:

Leave a reply