HAÏTI: UN PAYS COMME ON N’EN FAIT PLUS COMME ON N’EN VOIT PLUS (suite et fin)

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TRiboLAND

Par JLT

De stupidité en faux pas, d’incongruités en bévues nous avons fini par susciter la morgue et le mépris des uns et des autres. Tel le lion de la fable menacé d’être frappé par l’âne, Haïti subit à présent les outrages de petits ensembles à la naissance desquels elle a si généreusement contribué.Des dirigeants dépourvus de nez dans ce qui leur sert de visage en acceptent une pitance de 500.000 dollars pour payer les intérêts de la dette. Ministres et conseillers du gouvernement lavalas de l’époque étaient prêts à revoir à la baisse leurs prétentions sur une présumée restitution réclamée à la France qui leur a opposé une fin de non-recevoir. Des 21 milliards exigés avec arrogance au début de cette saga, on est passé à 15 milliards et l’on n’en parle plus. Comme si un dirigeant avait le droit de marchander le prestige de son pays avec autant de désinvolture, autant de crétinisme. Comme si des journalistes ,se désaltérant dans l’abreuvoir de la porcherie avaient le droit d’inviter les compatriotes encore sains à venir contacter le virus de la déchéance en leur compagnie. Comme s’il ne restait plus à ce pays que des vampires, des mendiants, des “maîtres d’armes”, des corrompus et des sybarites de toutes sortes, pour les spectacles hauts en couleurs de la scène internationale.

Les Haïtiens doivent entre autre se souvenir de ces noms qui font l’histoire contemporaine et qui la maculent de tant de souillures. Ministres, conseillers présidentiels, parlementaires d’un gouvernement en décomposition accélérée qui veulent s’engloutir rondement avec ceux auxquels ils devraient apporter un peu de bien-être. Èvêques, Pasteurs, Prêtres et autres Hommes d’Église qui ont vendu leur âme au diable. Vaudouisants dont on venait d’acheter la conscience au prix dérisoire d’une petite loi qui leur donnait droit de cité dans un espace traditionnellement occupé par les autres religions plus acceptables, tout en leur ouvrant l’accès aux plus grandes folies. Et quoi et qui encore?

Quoiqu’il en soit, les Hommes d’État et les institutions qui avaient mis un terme à l’aventure Sadam Husseinienne, qui avaient obligé Ben Laden à se terrer comme un rat , évoquent aujourd’hui toutes sortes de raisons plus farfelues les unes que les autres pour maintenir en vie le régime le plus rétrograde qu’Haïti ait connu . De dilatoire en délai, de délai en report, ce qui les intéressait, c’est que la manne chue du ciel d’un État soi-disant narco continuait à atterrir dans leur assiette de titans et qu’Aristide remplissait son mandat de cinq ans. Ce qui les intéressait c’était que les festivités commémoratives de la plus grande Saga de l’Histoire mondiale passaient inaperçues et que les relents malodorants du génocide anti-nègre s’évanouissaient dans les vapeurs de la globalisation, de la mondialisation et autres. Ainsi, il leur serait permis de faire d’une pierre plusieurs coups ,ils démontreraient l’inanité des projets nègres, le caractère hasardeux de leur réussite, leur incompatibilité avec la poursuite des grandes oeuvres de civilisation. On ne peut oublier de si tôt que, par-delà l’holocauste des Juifs, il y a encore le contentieux de l’esclavage qui n’a pas été liquidé.

Malheureusement, le nanisme de certains hommes d’État du Tiers-Monde est en train de retarder l’échéance de cette cause exaltante. Le projet de restitution initié, comme on le sait n’a rien de nouveau. Et si la France doit un jour se montrer magnanime vis-à-vis de son ancienne colonie, elle devra le faire avec beaucoup d’humilité assortie de regret, mais aussi avec toute la pompe liée à la réhabilitation d’un peuple, d’une Nation et d’une race. Là sera sa grandeur. De là partira une autre Haïti avec, à sa tête, la réplique exacte des Héros de 1804, la copie conforme des Titans qui firent face victorieusement à tout ce que le monde pouvait compter de crapules et d’immoraux à ” l’époque bénie” de l’esclavage. Depuis près de deux cents ans, ils sont en train de mourir. Donc, quelques jours, semaines ou mois de plus, n’arriveront pas à entamer leur foi dans leur 221ème anniversaire.

Aux pays amis d’Haïti, le peuple de ce pays adresse ses plus sincères remerciements pour l’avoir aidé à mourir si démocratiquement.

source: J.L.T.

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