TOUTES LES CONDITIONS SONT RÉUNIES POUR UN NOUVEAU DÉPART EN HAITI!

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TRiboLAND

Combien faut-il de temps, de cadavres sous les bras, de jours de classes perdus par ces élèves et étudiants qui demain  assureront la relève, de dialogues de sourds prônés par des leaders accrochés aux immenses privilèges  et en perte de confiance populaire, dépourvus d’autorités , de légitimité nécessaire et de force morale pour  comme un Léopold S. Senghor  du Sénégal ou un Général  de Gaulle de La France tirer la révérence et permettre à Haïti de sauvegarder  ce qui lui reste de dignité, de souveraineté après plus de deux cents ans de son indépendance? Que l’on ne se méprenne pas : Nous ne cultivons pas, pauvres Haïtiens, l’art de partir sans contrainte sans voir poindre à l’horizon l’aurore et l’horreur d’une possible et imminente révolution.

Après ces quatre historiques semaines de manifestations consécutives à l’absence de volonté manifeste des dirigeants pour engager l’inévitable procès contre les dilapidateurs des fonds petro-caribe et sonner le glas de la corruption, de l’enrichissement illicite, du pillage des deniers publics; à la misère inhumaine; à l’inflation galopante, à la dépréciation démesurée de la gourde, à la pénurie d’essence provoquée,  qui sévissent au pays; le chef de l’Etat lui-même épinglé dans les divers rapports publiés par les institutions étatiques, certainement appuyé par la revancharde et toujours punissante communauté international, se retrouve dos au mur et refuse de démissionner comme le réclament à cor et à cri des manifestants en colère de tous les coins et recoins du pays.

Cette attitude méprisante du chef de l’Etat pour le moins provocatrice et antinationale tant bien que mal alimente la conscience révolutionnaire des éternelles victimes d’un régime politique d’exploitation outrancière qui ne vise jamais l’amélioration de leur condition de vie mais qui a toujours été dénoncé par les candidats pseudo-révolutionnaires Haïtiens en quête du pouvoir. Ce type de politiciens aux abords du pouvoir , à coup de fallacieuses promesses et de slogans flattant le bas instinct du peuple naïf et bon enfant, a bien été illustré dès le début du 20e siècle dans le personnage de Télémaque par Frédéric Marcelin dans son réaliste roman Thémistocle Epaminondas Labasterre.  L’électricité 24/24, la voie téléphérique, le barrage des rivières, la construction des routes, la création d’emploie, la lutte contre la faim, contre la corruption n’étaient que de vains mots, un leurre, du bluff.

Le chef de l’Etat prisonnier et esclave des conditions de son accession à la magistrature suprême de l’Etat inconsciemment  polarise la société haïtienne en soulevant la masse souffrante vulnérable, ces laissés pour compte,  déshérités du sort  et descendants des va-nus-pieds qui ont été la chaire à canon à Vertières pour écrire l’épopée du 18 novembre 1803, contre les nantis, cette classe oligarque qui s’enrichit  éhonteusement aux dépens des démunis et qui  a largement contribué à sa victoire truquée et planifiée aux urnes. Involontairement, il met en péril les fortunes et les richesses de ses bienfaiteurs insatiables et encore insatisfaits de leur investissement. Les incendies, les casses, le pillage enregistrés ces derniers jours témoignent que toutes les conditions sont réunies pour un nouveau depart.

La révolution dans toutes les sociétés, en effet a-t-on appris, est possible lorsque les gens de classes opprimées, vilipendées, méprisées ne veulent plus continuer à vivre dans leur abjecte situation du passé et que ceux de la classe des nantis ne peuvent plus maintenir le statu quo ante. En faisant la sourde oreille aux appels incessants du peuple de la capitale et de la province, des Evêques de l’église catholique, des pasteurs protestants, des artistes et  écrivains Haïtiens… le président Jovenel Moïse qui perd le contrôle de la situation et qui ne dirige absolument rien mais qui continue seulement à jouir des privilèges que confère le pouvoir  est en train de transformer Haïti en véritable brasier tout en étant lui-même l’étincelle qui allume l’incendie révolutionnaire par son entêtement à refuser de démissionner du pouvoir pour lequel il n’a pas été préparé.

                                                                                                                   Me Fresnel Jean, T.S.& Av.

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