MES MAUDITS MOTS DITS

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TRiboLAND

Par J.L.T.

On ne saurait dire qu’on ait guère avancé dans aucun de ces domaines, à la mort de Jovenel, sauf si l’on donne au mot démocratie une acception limitée aux petits groupes de pression qui sont loin en fait de représenter la souveraineté populaire. C’est aussi l’occasion de remarquer l’absence jusqu’à ce moment de tout recours aux consultations populaires soit par référendum, soit par plébiscite, ce qui aurait pu être fait dans certains cas où la bousculade des groupuscules de pression exigeait du gouvernement qu’il prît des décisions dont les incidences se répercutent sur l’ensemble de la collectivité.

Pour un gouvernement ” de facto” qui se veut en même temps démocratique dans un espace politique qui ne définit aucune charte, cela est une exigence à laquelle il ne devrait pas se soustraire. Est-ce une malédiction qui pèse sur ce pays pour qu’à chaque période décisive de son histoire, il se trouve en face de situations si complexes qu’il lui faille non seulement des héros, mais de véritables surhommes pour s’en sortir.

On ne saurait être à aucun moment dans les limites d’un mandat aussi court, gestionnaire d’une révolution politique en même temps qu’organisateur du décollage économique d’un pays. Il faut être l’un ou l’autre et non l’un et l’autre en même temps. Parce que c’est trop difficile sinon impossible. Quoique puissent en dire à Didier, les courtisans qui le satellisent, le progamme politico économique de ce gouvernement n’est pas bon.D’autres l’ont déjà dit. Le monde pensant l’a admis. En vérité, gaffes, incohérences, faiblesse de gestion, erreurs d’analyse sont devenues la monnaie courante au sein du pouvoir pendant que le pays profond, le pays réel réclame un sursis.

Aucun plan visant le retour à l’ordre social n’a été annoncé; aucune mesure spéciale n’a été prise pour assurer la sécurité autour des banques, sur les routes, cependant que les demeures des nouveaux nomenklaturistes sont surveillés par des bataillons entiers surarmés. Rarement gouvernement aura montré de tels signes de faiblesse et d’impéritie. Que Haïti soit en fait gouvernée par des côteries politiques manipulant pillards, braillards, anarchistes et meurtriers en puissance cela ne fait de doute pour personne, mais qu’aujourd’hui on doive se plier à la nouvelle loi d’une autre catégorie de seigneurs qui, s’associant à une côterie dangereusement active dans l’ombre en vue de reconquérir le terrain gagné sur l’avenir, cela est absolument inadmissible. (À SUIVRE)

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