Le ministre des Affaires étrangères Denzil Douglas défend Haïti face à la contestation mondiale concernant la politique d’exclusion des déportés du Premier ministre Drew

01/18/2026
BASSETERRE, Saint-Kitts — Dans une intervention à la fois saisissante et profondément symbolique, qui met en lumière les divisions croissantes au sommet du leadership caribéen, le ministre senior des Affaires étrangères de Saint-Kitts-et-Nevis, Dr. Denzil Douglas, a publiquement appelé à l’unité, à l’inclusion et à la solidarité régionales. Il a explicitement rejeté l’exclusion des Haïtiens dans le cadre d’un accord controversé avec un pays tiers, récemment annoncé par le Premier ministre Dr. Terrance Drew, qui occupe également la présidence de la CARICOM.
Cette intervention de Douglas intervient dans un contexte de forte réaction régionale contre la révélation que Saint-Kitts-et-Nevis avait signé un protocole d’accord (MoU) avec les États-Unis pour accepter des déportés venant de pays tiers, en excluant explicitement Haïti. La nouvelle a provoqué une onde de choc à travers la Caraïbe, suscitant l’indignation des sociétés civiles, des activistes, de la diaspora, et désormais, de hauts responsables régionaux eux-mêmes.
UNE REPRÉHENSION PUBLIQUE, DE LA PART DU GOUVERNEMENT
Dans un message puissant et soigneusement formulé sur les réseaux sociaux, Douglas a évoqué l’héritage commun africain, les traumatismes de l’esclavage et les liens indéfectibles de l’identité caribéenne, affirmant que « l’ADN ne peut être effacé. L’identité ne peut être brisée ». Son message était clair : Haïti ne peut être considéré comme superflu. Les Haïtiens ne sont pas optionnels. L’unité caribéenne ne peut être sélective.
Pour les observateurs expérimentés, la portée de cette déclaration est considérable. Douglas n’est pas un opposant enflammé ; il est un ministre des Affaires étrangères de la même administration qui a annoncé cette politique d’exclusion. Son message apparaît donc comme une réponse morale et politique directe à la position du Premier ministre.
SKERRITT, DOUGLAS ET LA CROISSANTE CONTESTATION RÉGIONALE
Douglas n’est pas seul. Le Premier ministre de la Dominique, Roosevelt Skerritt, a également pris position en faveur de la place d’Haïti dans la famille caribéenne, rappelant que les principes fondateurs de la CARICOM reposent sur l’inclusion, la responsabilité collective et le destin partagé.
Ces interventions mettent en évidence une contradiction profonde : comment le président de la CARICOM peut-il diriger une organisation qui adopte une décision excluant le membre le plus vulnérable de la région ?
HAÏTI : L’ÉPREUVE DÉSOBLIGEANTE DE L’ÂME DE LA CARICOM
Haïti ne se limite pas à être un simple membre de la CARICOM. C’est la conscience historique de la région — la première république noire, née de la révolution, de la résistance et de sacrifices inimaginables. Exclure les Haïtiens dans le cadre d’une politique de migration et de déportation moderne est considéré par beaucoup comme une faute morale, une erreur politique et une trahison de l’histoire caraïbe.
Le message de Douglas va directement à cette réalité. Il ne nie pas les différences de langue, de géographie ou de contexte, mais insiste sur le fait que ce qui unit la Caraïbe l’emporte largement sur ce qui la divise.
DE LA LEADERSHIP À L’HÉRITAGE
Ce débat menace désormais de redéfinir la présidence de Drew à la tête de la CARICOM. Certains critiques soutiennent que le leadership ne se mesure pas seulement par l’autorité administrative, mais aussi par la clarté morale face à la pression. En revanche, l’intervention de Douglas a trouvé un écho parce qu’elle présente l’unité caribéenne comme une nécessité incontournable, surtout face à des puissances extérieures et à des systèmes mondiaux inégaux.
LA QUESTION QUI SEPOSE AU RÉGION
Le débat est loin d’être terminé. La société civile se mobilise. Les dirigeants régionaux s’expriment. La diaspora suit attentivement la situation. Et l’histoire est en train de se écrire.
Le CARICOM va-t-il reculer dans une diplomatie discrète et un silence sélectif — ou bien va-t-il réaffirmer, comme le demandent Douglas et Skerritt, qu’aucun peuple caribéen ne doit être exclu, effacé ou considéré comme superflu ?
Comme l’a rappelé Douglas à la région : « Le passé doit être retenu — non pas pour y vivre, mais pour en tirer des leçons. »
La CARICOM est à un tournant décisif. L’unité ou la contradiction. L’inclusion ou l’exclusion. L’histoire ou l’hypocrisie.
Le Times de Saint-Kitts continue de suivre cette crise régionale en développement.
Source : The St. Kitts-Nevis Times






