En Haïti, 59 juges de paix et 35 procureurs rejoignent le système judiciaire, marquant un pas vers une justice renouvelée.

Par TRiboLAND.com
La récente cérémonie de remise des certificats, qui s’est tenue le 6 décembre 2024 à la Salle Rock Cadet de l’École de la Magistrature (EMA), marque une étape significative dans la revitalisation du système judiciaire haïtien. Cinquante-neuf (59) juges de paix et trente-cinq (35) parquetiers, tous récemment formés, sont désormais prêts à intégrer ce système souvent critiqué pour ses lacunes et ses lenteurs.
L’origine géographique de ces nouveaux magistrats est révélatrice des efforts déployés pour garantir une représentation régionale : les juges de paix proviennent du Grand Nord et du Grand Sud, tandis que les parquetiers sont issus de divers départements. Cette diversité est essentielle pour renforcer le tissu judiciaire et répondre aux défis variés rencontrés dans les différentes régions du pays.
La formation, qui a duré environ six mois en mode hybride, souligne l’adaptabilité nécessaire face à un contexte sécuritaire difficile. Ce modèle de formation mixte a permis aux participants de naviguer entre les contraintes du présentiel et la flexibilité offerte par les cours en ligne. Notamment, la présence de huit femmes parmi les juges de paix et d’une femme parmi les parquetiers certifiés témoigne d’une avancée vers une plus grande inclusion de genre dans un domaine traditionnellement dominé par des hommes.
Les discours prononcés lors de la remise des certificats mettent en lumière les enjeux et les attentes placées sur ces nouveaux acteurs judiciaires. Le Directeur de l’EMA, Kesner Michel Thermezi, a insisté sur la nécessité de probité et d’intégrité, des valeurs fondamentales pour garantir la confiance du public envers le système judiciaire. De même, Sylvain Merlen du PNUD a souligné le rôle crucial des certifiés dans la lutte contre des problèmes sociétaux tels que la criminalité organisée, la corruption et les violences basées sur le genre. Ce point est particulièrement pertinent dans le contexte haïtien, où ces fléaux constituent des obstacles majeurs au développement et à la paix sociale.
Finalement, les promesses de la juge Eunice Fénélus et de l’officier du parquet Menson Henry révèlent une prise de conscience collective de la responsabilité qui leur incombe. Leur engagement à travailler de manière indépendante et à contribuer au renforcement du système judiciaire témoigne d’une volonté de changement qui, si elle est soutenue, pourrait redynamiser la justice en Haïti.







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