Blocus des lycées : une pétition contre les armes mutilantes dépasse les 110 000 signatures

par Mizane Info
Une pétition réclamant l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation dangereuses lors des manifestations lycéennes a dépassé, dimanche 11 octobre 2026, le seuil des 100 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Portée par l’association Attac, elle recueillait plus de 110 000 soutiens ce lundi.
Alors que les blocus se poursuivent ce lundi 12 octobre, à la veille d’une nouvelle journée nationale de mobilisation, la contestation lycéenne dépasse désormais le cadre des revendications scolaires. Face aux mutilations et aux arrestations massives de mineurs, associations, enseignants et parents réclament une remise en cause des méthodes policières.
Plus de 110 000 signatures pour interdire les armes mutilantes
Déposée le 5 octobre sur la plateforme officielle des pétitions de l’Assemblée nationale, l’initiative n° 7231 est portée par Raphaël Pradeau, enseignant, parent d’un lycéen et membre d’Attac. En moins d’une semaine, elle a franchi le seuil des 100 000 signatures, avant de dépasser les 110 000 soutiens ce lundi 12 octobre. Son intitulé réclame l’interdiction des armes mutilantes et des techniques d’immobilisation létales dans les manifestations lycéennes.
Ses auteurs dénoncent une réponse policière qu’ils jugent disproportionnée face aux revendications d’adolescents mobilisés pour de meilleures conditions d’enseignement. Le texte demande notamment le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD 40), des grenades explosives et de désencerclement ainsi que des pistolets à impulsion électrique. Il vise également certaines techniques d’interpellation présentant des risques d’asphyxie, comme le plaquage ventral, les clés d’étranglement et les compressions corporelles.
«Nous ne pouvons pas attendre que de nouveaux drames se produisent», avertissent les pétitionnaires. Le franchissement des 100 000 signatures entraîne une visibilité accrue du texte sur le site de l’Assemblée nationale, sans garantir toutefois son examen en séance publique.
Des lycéens grièvement blessés, l’ONU préoccupée
Cette initiative intervient après une succession d’incidents graves impliquant les forces de l’ordre depuis le début du mouvement. Au 7 octobre, dix-huit procédures avaient été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), dont six concernant des tirs présumés ou établis de LBD. Les arrestations atteignent également des niveaux exceptionnels. Selon le bilan communiqué le 9 octobre par le ministère de la Justice, 6877 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de la mobilisation, dont 86% de mineurs.
Vendredi 9 octobre, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé son inquiétude concernant les violences entourant les manifestations et rappelé la nécessité de garantir le droit de réunion pacifique et un usage proportionné de la force. Face aux critiques, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension des grenades assourdissantes dans les opérations liées au mouvement lycéen. Cette mesure reste cependant limitée et ne constitue pas une interdiction générale des armes intermédiaires.
Les blocus continuent avant une nouvelle mobilisation nationale
Loin de s’interrompre, le mouvement se poursuit ce lundi 12 octobre dans plusieurs établissements, à la veille d’un nouvel «acte V» annoncé pour mardi. La participation paraît toutefois ralentir dans plusieurs régions, tandis que certains foyers de contestation restent actifs. Les autorités évoquent une mobilisation désormais davantage localisée, sans disposer encore d’un bilan national consolidé pour ce lundi.
Les revendications dépassent largement la question du maintien de l’ordre. D’après les résultats d’une consultation gouvernementale ayant recueilli environ 67 000 contributions, les emplois du temps constituent la principale préoccupation des lycéens, devant la vétusté des établissements, les classes surchargées et les pénuries d’enseignants. Ces dernières semaines, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé des renforts d’enseignants remplaçants et de premières mesures concernant l’organisation scolaire. Le gouvernement promet d’autres réponses d’ici la fin octobre.
source : Mizane Info






