L’Iran possède-t-il une arme nucléaire ? Une source bien placée dit «Oui»

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TRiboLAND

par Larry Johnson

Pepe Escobar et moi-même avons reçu jeudi dernier le rapport de renseignement suivant, rédigé par une source bien informée ayant accès à ces informations. Je ne reproduirai pas l’intégralité du rapport, mais je tiens à mettre l’accent sur la question de savoir si l’Iran dispose actuellement d’une arme nucléaire ou s’il en possédera une prochainement. Je tiens à souligner que je soutiens fermement les évaluations passées des services de renseignement américains selon lesquelles l’Iran, jusqu’à présent, n’avait aucun intérêt à se doter de l’arme nucléaire.

Cependant, il semble que l’attaque surprise du 28 février, qui a suivi la révolution colorée avortée tentée fin décembre 2025, ait joué un rôle décisif dans le changement de position de l’Iran sur cette question. Voici un extrait de ce que Pepe et moi avons reçu jeudi dernier :

Le discours public entourant les événements du 25 mai 2026 a fondamentalement mal interprété la réalité opérationnelle. Nous assistons à un changement irréversible dans la structure du pouvoir régional, entraîné par une série d’escalades minutieusement orchestrées qui ont mis en évidence les limites de la puissance coercitive américaine et la fragilité du paradigme de sécurité du Golfe post-1991.

La réalité structurelle est claire : les États-Unis opèrent à partir d’une infrastructure de bases en déclin, avec un pouvoir exécutif affaibli, face à un adversaire qui maîtrise l’escalade asymétrique…

À la suite de la réaction publique intransigeante de Trump, le Conseil suprême de sécurité nationale a déployé son ultime moyen de dissuasion. Par l’intermédiaire du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif – qui constitue actuellement le seul canal de communication confidentiel fiable entre Washington et Téhéran -, le président iranien Masoud Pezeshkian a transmis un ultimatum stratégique en trois étapes, formulé de manière formelle, au cas où les frappes américaines se poursuivraient :

1. Retrait immédiat des négociations de paix sur le nucléaire en cours.
2. Abandon total du cadre du futur traité nucléaire.
3. L’explosion d’un engin nucléaire sur le sol iranien – non pas comme une arme de guerre, mais comme une démonstration indéniable de la capacité souveraine et du contrôle ultime sur l’escalade.

Transmis par le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar au secrétaire d’État américain Marco Rubio, ce message n’était pas de la rhétorique ; il s’agissait d’un avertissement géopolitique sans équivoque. Rubio en a reconnu la gravité et s’est immédiatement employé à mettre un terme à la posture d’escalade de la Maison-Blanche.

Voici mon analyse de ces informations. Le Conseil national de sécurité iranien s’est réuni la semaine dernière à la suite des frappes américaines sur l’île de Qeshm et Bandar Abbas. Le Conseil a chargé le président Pezeshkian de transmettre un message au Premier ministre pakistanais, Shebas Sharif. Le message de Pezeshkian était simple et direct. Le Premier ministre Sharif a ensuite chargé son ministre des Affaires étrangères, Ishaq Dar, de transmettre ce message au secrétaire d’État américain Marco Rubio. Je tiens à souligner que la source de cette information a participé au processus décisionnel qui a abouti à l’avertissement adressé à Rubio.

La phrase clé – «Si les frappes américaines se poursuivent» – a été transmise à Rubio jeudi. Compte tenu de l’annonce faite aujourd’hui (lundi) par l’Iran de son retrait des négociations avec les États-Unis jusqu’à la fin des attaques israéliennes contre le Liban et les Palestiniens, je considère ce rapport de renseignement comme crédible.

La balle est désormais dans le camp de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou… Si Israël persiste à bombarder le Liban – Beyrouth en particulier -, il faut s’attendre à ce que l’Iran annonce son retrait du TNP. Une fois libéré des obligations du TNP, l’Iran sera libre de mettre en œuvre le point 3, à savoir faire exploser un engin nucléaire sur le sol iranien. Il s’agira d’une démonstration visant à avertir Israël et les États-Unis que de nouvelles attaques contre l’Iran auraient des conséquences catastrophiques.

Pepe et moi avons obtenu des précisions sur la manière dont l’Iran s’est procuré une arme nucléaire opérationnelle… Les informations concernant la construction de ce dispositif (ou de ces dispositifs) ont été fournies par un pays tiers dont les capacités dans ce domaine sont avérées. L’objectif de l’Iran est, avec le soutien du Pakistan, de la Chine et de la Russie, d’accroître le risque pour Israël de se lancer dans de futures attaques contre l’Iran.

La source a également fourni l’évaluation suivante des conséquences des actions américaines et israéliennes sur l’architecture mondiale de la sécurité et du système financier :

«Les effets secondaires de cette impasse sont en train de redessiner l’architecture stratégique et financière mondiale en temps réel :

• L’effondrement des accords d’Abraham : l’infrastructure politique qui soutient la normalisation israélo-arabe est fonctionnellement morte. Le Pakistan l’a publiquement rejetée, l’Arabie saoudite a gelé toutes les discussions en coulisses, et le Qatar et Oman préparent activement un calendrier de six à neuf mois pour le retrait des forces américaines de leurs installations militaires.

• L’émergence d’un axe de sécurité : une nouvelle architecture de sécurité associant l’Arabie saoudite, le Pakistan, la Turquie et l’Égypte est en train de se mettre en place, totalement indépendante du soutien américain. Le Pakistan est passé du statut d’acteur périphérique à celui de pivot opérationnel indispensable, tirant parti d’une proximité culturelle islamique que ni Washington ni Pékin ne peuvent égaler.

• Risque systémique pour l’ordre mondial : une démonstration de force nucléaire iranienne anéantirait le cadre mondial de non-prolifération et fournirait à Pékin une preuve de concept définitive et imméritée quant aux limites de l’hégémonie américaine».

Donald Trump a encore le temps de désamorcer la situation et d’éviter la catastrophe, mais cela exigera de sa part des décisions difficiles et impopulaires. Premièrement, et c’est le plus important, il doit couper l’aide à Israël et contraindre Netanyahou à mettre fin à son attaque contre le Liban et à retirer les forces israéliennes de Gaza. Je doute que Trump ait le courage de le faire, mais c’est le genre de mesure radicale nécessaire pour convaincre les Iraniens qu’il est sérieux dans sa volonté de négocier un véritable accord. Deuxièmement, lever les sanctions – au moins sur le pétrole iranien – et restituer les avoirs iraniens gelés. Troisièmement, accepter que l’Iran ait juridiction sur les parties du détroit d’Ormuz situées sur son territoire en vertu du droit international.

Je doute que Trump soit disposé à envisager ces options, ce qui signifie qu’il y a de fortes chances que les combats reprennent. Si Israël continue d’attaquer le Liban – Beyrouth en particulier -, l’Iran a clairement fait savoir qu’il s’en prendrait aux sites militaires et au personnel israéliens dans le nord d’Israël. L’euphorie des marchés de la semaine dernière face à un accord de paix imminent s’est évaporée. Le monde occidental doit désormais accepter la réalité : l’Iran, fort du soutien indéfectible de la Chine et de la Russie, est prêt à résister aux pressions et aux menaces américaines jusqu’à ce que les forces iraniennes l’emportent.

source : Son of the New American Revolution via Marie Claire Tellier

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