LA MARCHE À RECULONS….

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TRiboLAND

“L’Histoire de ce pays a toujours été un spectacle de grandeur et de petitesse. En fait, il n’appartient qu’à ses citoyens de transformer les arpèges du concert et de passer du” ténor des ténèbres à l’alto des altruistes” en élevant d’un ton les véritables sonorités de l’humanisme intégral. ”

par Jean L. Théagène

Dans notre Histoire,ils sont légion ces èclaireurs qui ont essaimé les sentiers du combat à la recherche de pistes sécuritaires pour le gros de la troupe. Ils ont noms. Mackandal, Toussaint, Dessalines, Christophe, noms d’hommes qui portent leur humanité comme un fleuron jeté sur leur” crypto gylet pare- balles .Mais ils ont en sus quelque chose en commun: le destin tragique de ceux qui ne sauraient mourir dans leur lit, parce que nés debout, bien plantés sur la terre sacrèe de la savane. Mackandal, le Géant gigantesque qui projette son ombre autour des feux de la cérémonie du Bois Caïman; Toussaint qui suscitait chez ses interlocuteurs ébahis la crainte justifiée de ses états de service; Dessalines dont la stratégie et la bravoure eurent raison des troupes aguerries et réputées invincibles de Napoléon ; Christophe, l’alter ego du Libérateur dont le génie irradie encore d’éclats de soleil, les sommets du Bonnet à L’Évêque ainsi que l’espace du Palais de Sans Souci à Milot. Ce sont là, les héros, qui ont tenté ,en leur temps, de repousser ses ombres néfastes de l’obscurantisme et de l’animalité en faveur de leurs frères qui ont fini par créer au début du 19ème siècle cet espace clos indiscutablement paradisiaque pour les leurs, que trois siècles d’esclavage n’avaient pu abrutir complètement.

D’autres ont suivi la trace de ces pisteurs de génie, ces révélateurs de valeurs : l’Amiral Killick, Pierre Sully, Jean-Jacques Acaau, Charlemagne Péralte, les plus connus, mais les non moins grands dans le martyrologe haïtien. D’autres enfin, tombés au champ d’honneur en plein déshonneur et désarroi de leurs concitoyens ont vainement tenté de saisir à pleines mains le flambeau de la dignité. À tout prendre, l’histoire nationale, telle que la représente la suite des événements est un enchaînement de vertus et de contre-vertus, un mélange de boue et de parfum qui embaume plus souvent qu’à l’ordinaire l’ossuaire de nos hommes politiques.

C’est ce pays qui sut s’imposer aux imposteurs de l’époque qui justifiaient par tous les moyens, leur conception bâtarde des rapports entre humains. Il avait en face de lui de grandes institutions, telle que l’Église Catholique,de grands écrivains tel que Gobineau qui tentaient de cacher leur immoralité biologique sous le masque ridicule de la civilisation. Quelle civilisation ? Celle de l’asservissement d’une race par une autre. Celle,en fait, de l’assujetissement humain par désir immodéré des biens d’autrui.

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