SANS LUNETTES ET SANS COMPLAISANCE…

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TRiboLAND

” Malheur au peuple en qui il ne reste aucun soupçon de dignité, aucune once de volonté collective, aucun sursaut de courage pour se tenir debout face à l’adversité!!!

Il y a,un peu plus de deux siècles, les Haïtiens au nombre de quatre cent mille revêtaient leur armure de héros pour se projeter avec fracas et éclat sur la scène mondiale. L’histoire universelle et impartiale les présente aux yeux de la postérité comme des demi-dieux qui ont fini par affranchir un groupe précédemment réduit à l’état de sous-hommes. Avec eux, l’humanité commençait à s’étendre à toutes les races, à tous les ensembles. Désormais, elle devenait le fait de tous les bipèdes de la planète, du moins de ceux qui sont doués de raison.

Il y a un peu moins d’un siècle, les Haïtiens au nombre de huit millions enclenchaient un processus de recul tous azimuts. Et cette même histoire qui les applaudissait en silence à l’époque de leur héroïsme déclaré est en train de les ridiculiser bruyamment jusqu’à leur faire perdre cette” estime de soi”, d’eux- mêmes, cette suffisance, cette bravoure, cette fierté, cette solidarité, cette dignité qui étaient leur marque de commerce. Toutefois, l’héroïsme décline, mais ne meurt pas. Les hommes passent, mais la Nation demeure. Dans cinq siècles, comme après 1492, l’histoire retiendra que ce pays connut une parenthèse glorieuse avec des personnalités de la trempe d’un Toussaint Louverture et d’un Jean-Jacques Dessalines.

À tout prendre, de mémoire d’homme, on n’a jamais vu une Nation victime de ses fils, de ses élites intellectuelles, économiques et sociales. On n’a jamais vu dans l’histoire un processus de régression aussi accéléré d’une collectivité en mal de s’affirmer. Des hommes de valeur disparaissent au gré de l’Analphabétisme programmé et sciemment entretenu de la grande réserve populaire. Des intellectuels racés, des professionnels et techniciens chevronnés mordent la poussière face à des incultes notoires, des crétins sonores ou des analphabètes audacieux. Et la guerre des sommets succèdent aux escarmouches des profondeurs, faisant basculer un pays tout entier, jadis sublime et prométhéen,dans l’enfer des désespérances et l’incertitude des lendemains . On a tout mis en œuvre pour pour pousser les rachitiques de la pensée et les handicapés du nanisme historique, à poser ouvertement l’immorale question des défaitistes en puissance et en fait :” N’avons-nous pas commis une erreur en nous affranchissant trop tôt de l’esclavage en 1804?

D’aucuns diront que tous les malheurs du pays viennent en gros de l’institution militaire. Mais on ne pourra jamais s’empêcher d’admettre que c’est grâce à l’armée Indigène des années 1800 que nos femmes, nos filles et nos mères, tous les nôtres et nous- mêmes sans échapper aux atteintes du racisme contemporain, avons aujourd’hui au moins, le choix de rester chez nous dans une relative pauvreté et vivre ailleurs en Occident dans un ” confort inconfortable” tout à fait inadapté à notre culture . Anathème sur Aristide qui a su bien précipiter le pays dans l’abîme! Anathème sur ce traître qui a éliminé de l’équation de l’indépendance nationale, le seul nombre connu! Comme disait Vigny : l’Armée est une Nation dans la Nation : c’est un vice de nos temps. Dans l’Antiquité, il en était autrement : tout citoyen était guerrier et tout guerrier était citoyen. ” Les hommes de l’Armée ne se faisaient point un autre visage que les hommes de la cité”

(À SUIVRE) J.L.T.

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