LE TEMPS DES MANDARINS (SUITE Et fin)

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TRiboLAND

Par J.L.T.

Aujourd’hui, on assiste à un spectacle macabre de règlements de compte. Un gouvernement qui ne présente aucun projet de société, aucun programme politique à notre faim de mieux-être, Qui pis est: le militantisme triomphant des partis du pouvoir a fini par anéantir l’autorité d’un État qui, contre tout bon sens, fait appel à l’illégalité d’une économie parallèle de contrebande et de traffic de drogue pour contrer les sanctions de la Communauté internationale. En un mot, depuis quelque temps déjà, l’anarchie s’est installée dans nos moeurs politiques qui n’étaient, d’ailleurs, pas des plus élevées.

En regardant de près la situation haïtienne actuelle, on n’en sort qu’avec un sentiment de dépit et de découragement. Dépit de constater la dérive de la conscience nationale en matière de respect de certaines valeurs de civilisation. Découragement, parce qu’on ignore totalement les limites d’action de ces acteurs qui font le va-et-vient chez nous avec la bénédiction de responsables incompétents. Doit-on encore le rappeler:” Dans tout le déroulement de notre histoire, on n’a jamais vu l’étranger poser un acte de générosité ou d’altruisme vis-à-vis des nôtres “. Nous avons toujours payé au sang le prix de sa rougeur. Et ce ne fut jamais avec l’aide de nos politiciens et de nos ” homoncules d’État ” qui se sont toujours empressés d’aller jouir des fruits de leurs rapines sur des terres d’asile, complaisantes à souhait et surtout prêtes à recevoir les dollars mal acquis des Présidents en fuite. La même scène se répète depuis Boyer, à des degrés différents, sans doute, pour des Chefs d’État tantôt décédés en pleine exaction, tel le Président Hyppolite, tantôt assassinés tels Sylvain Salnave, Cincinnatus Leconte ou Vilbrun Guillaume Sam.

Malheureusement, les leçons de l’Histoire sont faites pour être oubliées. Et si Aristide qui se prévaut de quelque parchemin douloureusement acquis dans les Universités d’outre-mer (prétend-il)n’arrive pas à comprendre qu’un pays est un tout, qu’une Nation est une addition de différences, une soustraction de méfiances, une multiplication de compétences et une division de convenances , on est en droit de désespérer de l’avenir d’une Patrie qui jadis s’imposa à la face du monde libre.

Tout compte fait, le monde entier sait aujourd’hui que le “démocrate haïtien” du nom de Jean Bertrand Aristide a définitivement rompu avec les belles idées de la Théologie de Libération. Durant son exil, il a bien appris et assimilé les cours de contorsions diplomatiques de ses protecteurs du Vénézuéla ou des USA. C’était de la haute théorie. Haïti fait aujourd’hui les frais d’une application pratique de ces cours magistraux. Et parce qu’il nous est impossible de référer à une quelconque provision constitutionnelle pour nous débarrasser à tout jamais de cette tunique de Nessus qui ne fait qu’ensanglanter le corps social dans son entier , nous devons envisager d’autre mesure pour que, malgré l’OEA, BLACK CAUCUS, CARICOM et les autres profiteurs de la détresse haïtienne, une nouvelle Nation renaisse des cendres laissées par ceux qui ne se sont donné pour mission que l’institution du Père Lebrun.

Il faut stopper cette chaîne ininterrompue de morts dans tous les camps, dans toutes les couches sociales. On n’a jamais vu autant de victimes en temps de paix dans un paysage aussi bucolique qu’Haïti : prêtres, pasteurs, journalistes, médecins, militaires, politiciens, députés, et simples citoyens. Ceux qui exhalent les relents de cadavres et rien que cela doivent être acculés à ne se tenir qu’avec leurs pairs. Il est temps qu’on se le dise:” Les hommes passent, la Patrie demeure”.
Fini:le temps exécré des Mandarins!

J,L.T.

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