SANS LUNETTES ET SANS COMPLAISANCE….

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TRiboLAND

“QUI QUE VOUS SOYEZ, VOUS NE PARVIENDRAI
JAMAIS À ME FAIRE HAÏR CE PAYS QUI EST MIEN”

Par les temps qui courent, il est vraiment triste d’être Haïtien. Ce sont là les mots d’un grand historien qui supputait l’inévitable dérive de la Nation. L’ère de la formule-flèche, de l’expression racourcie, du pittoresque significatif commençait pour ce pays balloté entre l’anarchie et l’espoir. Dans sa curiosité qui avait l’aiguillon du génie, Roger Gaillard ́avait fait montre de passion investigatrice, de minutie incomparable dans son travail d’annaliste. Il a jeté un regard passionné sur le passé de l’Histoire et en a tiré son œuvre maîtresse
“Les Blancs débarquent ” qui aurait dû provoquer une profonde réflexion chez tous les Haïtiens, intellectuels aussi bien qu’analphabètes. Pourtant, pour la plupart, les fils de ce pays n’ont pas su éviter à deux fois sur une période de quinze ans, ces gifles sonores répétées dont nous abreuvent la communauté internationale et ses laquais nationaux. Ironie du sort, quand “les Blancs redébarquent “, l’on retrouve notre Gaillard ” chat dans la gorge ” très confortable dans son silence approbateur. Que Dieu aie pitié de son âme !

Néanmoins, il fut un temps, à tout le moins un intermède où nous avions un pays avec des institutions d’État, avec des hommes et des femmes de valeur, avec une société complexe certes, mais réelle. Une économie endogène mais suffisante. De graves problèmes mais des espoirs à la tonne, car, chaque famille haïtienne, chaque citoyen, du plus grand au plus petit étaient porteurs de visions, de desseins, de missions. Le notable n’était plus seulement le bourgeois de ville ou le petit richard de banlieue. La notabilité s’était définie d’autres critères: haute moralité, esprit de famille, sens civique, niveau élevé de patriotisme, solidarité à toute épreuve etc.. Toutes qualités qui se retrouvaient à des degrés peut-être différents dans ce qu’on appelle aujourd’hui :” les anciens haïtiens par rapport aux nouveaux ” qui se targuent d’être des citoyens modernes avec double ou triple nationalité et surtout avec l’obsession de la réussite matérielle par tous les moyens légaux ou illégaux. C’est un peu le modèle qu’on offre aux générations montantes. Et notre échelle des valeurs n’en finit plus de tomber. La situation actuelle d’Haïti n’est nullement étonnante. Car ,une société sans mémoire est en quelque sorte, sans présent et surtout sans avenir. La rupture d’un maillon de la chaîne entraîne la destruction de l’ensemble. Et c’est ce qui est en train d’arriver à cette nation, née, il y a un peu plus de deux siècles.

La nomination ou le choix d’Ariel Henri a été effectuée sans l’accord du peuple qui voulait se débarrasser de Jovenel devenu encombrant pour ses commanditaires étrangers et complètement paranoïaque et incontrôlable pour les siens. Aux lendemains de la mort de ce dernier, on n’a pas su comprendre que dans une situation exceptionnelle ,seule devait prévaloir une solution exceptionnelle. Quand un gouvernement s’attire les foudres de sa population jusqu’à se faire renverser par l’internationale, toute Constitution ne peut que disparaître et céder la place à un véritable dialogue de l’intelligence mais pas aux neuf braqueurs. On dirait que notre pays a le don de se mériter les pires catastrophes historiques et surtout d’attirer les plus grands rapaces du terroir. Quelle déchéance !

Par J.L.T.
(À SUIVRE)

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