LE CRÉPUSCULE DES VAUTOURS……

Par J.L.T.
“Lorsque dans le silence de l’abjection, l’on n’entend plus retentir que la chaîne de l’esclave et la voix du délateur, lorsque tout tremble devant le tyran et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît chargé de la vengeance des peuples. C’est en vain que Néron prospère,Tacite est déjà né dans l’empire” François Renéde Chateaubriand
Le 11 Septembre 2011, le monde entier, les États- Unis en tête, bascule dans l’horreur. Sur l’Occident étonné et confortable dans son opulence, l’horreur s’est abattue, traduisant en victimes innocentes la haine de l’homme pour l’homme et en tueries gratuites les revendications justifiées ou non d’une catégorie inattendue d’individus dépourvus du sens commun d’un humanisme primaire. Et l’on est encore à se demander comment on peut prétendre aimer l’homme et s’acharner en même temps de part et d’autre de la planète à détruire l’homme. Mais qu’on soit du Moyen-Orient désabusé ou des Caraïbes méprisées, les raisins de la colère semblent avoir le même goût. Et les enjeux qui se profilent à l’horizon des revendications exercent les mêmes pressions sur les consciences agitées d’hommes d’État qui se perdent aujourd’hui dans les dédales complexes des solutions à apporter aux problèmes cuisants du terrorisme individuel et celui d’État tout aussi dommageable pour la paix mondiale.
Au moment où la plus grande puissance mondiale menait une guerre sans merci au terrorisme international, des institutions supra- nationales faisaient la navette en Haïti pour tenter de trouver une solution à une crise politique sans précédent qui traversait cette nation. En un peu plus de dix ans, un Chef d’état reconduit dans ses fonctions légitimes par une force armée de 23.000 soldats bien équipés, s’était vite transformé en tyran impénitent et en dictateur irrécupérable aux yeux des siens et de la communauté internationale. Plus de 18 commissions de l’O.E.A. dépêchées dans ce pays n’ étaient pas parvenues à colmater les brèches profondes causées au tissu social haïtien par les détenteurs du pouvoir de l’heure. Les appels à la conciliation se faisaient de plus en plus nombreux en provenance surtout de ceux qui avaient donné un chèque en blanc à un homme d’Église pour diriger une petite nation hantée par les thuriféraires du pouvoir absolu et les perpétuels démons de l’anarchie endémique et de la turbulence historique.
On n’aura jamais dit assez de la dérive politique qui afflige aujourd’hui l’histoire nationale. On ne cessera pas de dénoncer l’incompétence, la gabegie administrative, la corruption,les crimes, les vols, l’immoralité du régime aristidien. Et si hier, l’on avait encore quelque scrupule à pointer du doigt le principal responsable de cette situation inadmissible, on s’en donne à coeur-joie aujourd’hui pour, une fois de plus, une fois de trop, sauver un pays qui ne mérite un tel destin de bassesse et d’incongruité. Le temps n’est sans doute plus à la valse- hésitation des ” décision- makers” qui faisaient durer la torture imposée à tout un peuple . Le temps n’est plus à cette mascarade infantile qui voulait asseoir à la même table autour du même gâteau la hargne des frères ennemis insatisfaits d’un ancien partage ou simplement déçus dans leurs attentes. Mais entre-temps un peuple se meurt au fort du spectacle malsain donné par une communauté internationale dépourvue du mâle courage de remettre en question des choix qu’elle avait faits dans un tout autre contexte historique.
(À SUIVRE) J.L.T.






