18 Novembre 1803- 18 Novembre 2025!!!

317
0
Share:
TRiboLAND

Par J.L.T.

“222 ans après, les fruits n’ont pas dépassé la promesse des fleurs”… Et la meilleure façon de détruire l’âme d’un peuple, c’est de profaner ses croyances, ses religions, de nier sa culture, son histoire, brûler les dieux qu’il adore pour l’empêcher d’interpréter ses propres signes”

Tel un coup de tonnerre dans un ciel agité, l ‘affaire Apaid vient de signer l’effondrement d’un pan de la société haïtienne. Une action de plus, une action de trop ! Et dire que l’on se bornait à croire que le pouvoir réel reposait entre les mains des détenteurs du monopole de la violence qui, du reste, n’avaient aucun intérêt dans la stabilité politique, économique et sociale du pays.J ‘entends par là ces petits chefs de guerre locaux qui, pour asseoir leurs positions prenaient dans chaque zone la tête des rassemblements, d ‘unions, de groupements, deconseils, d’associations clamant à tue -tête leur vocation à défendre la” sacro-sainte démocratie “. Par la terreur, ils appuyaient leur domination, instituant même un macabre rituel: la décapitation qui faisait vivre des journée cauchemardesques au pays. Pourtant, sous ce ciel dévasté, ultra corrompu, ne circulaient pas uniquement ces petits truands, analphabètes incorrigibles, ces politiciens minables qui se retrouvent au paradis sans avoir pris le temps de mourir, mais aussi une frange instable de la petite bourgeoisie qui, aujourd’hui, sonde les horribles profondeurs de l’abrutissement de la société urbaine qui connaît bien et compatit au tragique désespoir des bourgeois tombés dans le puits sans fond de la misère morale et de la détresse humaine. Situation qui inspire la création de grands monstres perdus, isolés. Et on sait comment les humiliés et offensés de cette bourgeoisie déchue entretiennent leurs briefs juqu ‘à devenir empoisonnés par leur haine. Ainsi, la prétendue douceur de vivre d’Haïti vire à l’effroyable loi de la jungle d’une société cadenassée. Aujourd’hui, le pauvre, l’éternel exploité, en sa chaumière prend en pitié ces “messieurs comme il faut”, membres à part entière de ce bazar infect qu’est devenu notre pays, dans cette honteuse et choquante affaire de ” viv ansanb”.

Dans la foulée, les oiseaux longtemps effarés réagissent en faisant circuler des dénonciations les unes plus rocambolesques que les autres. Les épouvantails vite désarticulés, prenant à rebrousse- poil le déclin environnemental, font remonter la filière mafieuse jusqu’aux neuf braqueurs et, dans les rues, des milliers de personnes hurlent des slogans hostiles au gouvernement CPT qui, aujourd’hui, a marqué d’un affront doublé d’une faute grave le glorieux anniversaire de la bataille de Vertières. Anniversaire qui, 222 ans durant se fêtait dans l’allégresse et qui, cette année, avec des dirigeants dans l’autisme, est plongé dans le deuil. Pour une fois, depuis ces trente-cinq années, les vocables de militaires, macoutes, duvaliéristes n’étaient pas au rendez-vous. Le pouvoir qui a profité de certaines complicités dues à la perfidie du système, face à cette boue tenace, cette épreuve humiliante, après s’être confiné dans un silence qui fait beaucoup de bruit, a pris ses jambes à son coup. Véritable chapelet de maladresses et de gaffes. Coutumier de comportement et de déclarations erratiques, le CPT qui prenait pour argent comptant l’idée que la terreur tant verbale que physique, comme toujours payante, rend les armes devant le monstre du kidnapping en décrétant péremptoirement la déliquescence de l’État non point à son peuple, mais dans un milieu où la politique est toujours tentée par l’atroce pour assouvir sa boulimie d’hégémonie. Aussi, pour endiguer cet irrésistible bouillonnement intérieur et pour nous permettre de jeter un regard sur nous- mêmes et les Autres, faisons mentir le vieil adage:” les gens heureux n’ont pas d’histoire “. J. L. T,

Share:

Leave a reply