Au Cameroun, la population se mobilise en héroïsme pour défendre la demeure d’Issa Tchiroma.

Des hommes et des femmes d’en différents horizons se relaient depuis hier et toujours aujourd’hui devant la maison d’Issa Tchiroma Bakary à Garoua. Armés de planches, de bâtons et de détermination, ils constituent une vigile humaine pour la maison du candidat à la présidentielle, craignant d’être arrêtés ce qu’ils attribuent, pleins de logique, aux ordres du ministre de l’Administration territoriale.
« C’est une réponse naissante au ras-le-bol des discours de non-entente menés par l’entourage du Président Biya », avoue Hassana Tchiroma, militante du candidat.
Les habitants, qui se sont unis dans leur colère et dans leur attente de changement, ont formé une ronde permanente : chaque nuit, un chacun, chaque jour un chacun, tous unis en une seule voix. La jeunesse, croulante sous le chômage, hurle fort et haut sa volonté d’voir se lever l’aube d’un nouveau morceau de vie pour la nation.
« La souffrance des Camerounais est tangible. La jeunesse est hors-la-loi, sans travail, ni avenir. Nous sommes diplômés, mais pas ouverts à des possibilités. Nous souhaitons un changement, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Notre message est clair : papa Biya, il faut laisser la place au peuple », dit Moussa Iya Mohaman Adama.
Le 12 octobre, Garoua a été secouée par des manifestations tumultueuses qui ont marqué la ville d’une empreinte indélébile. Les jeunes, volontaires pour accompagner le cortège de l’homme fort de la région, ont été dispersés violemment par la gendarmerie anti-émeutes, reflétant la tension palpable qui règne depuis plusieurs jours.
« La population a décidé de protéger le ministre Tchiroma et son domicile. Lors du dernier scrutin, l’armée était déployée en masse. Nous avons tout tenté pour laisser passer quelques véhicules, tout en dispersant le reste. Depuis, le ministre reste cloîtré chez lui, sa résidence transformée en une forteresse imprenable », confie un témoin oculaire.
Garoua vit au rythme d’un siège silencieux, la ville semblant suspendue dans une atmosphère d’attente et de résistance. Issa Tchiroma a revendiqué sa victoire dans une allocution diffusée depuis son domicile, dans la nuit de lundi à mardi. Les habitants, déterminés et résolus, promettent de ne pas fléchir, affirmant leur engagement à poursuivre le combat jusqu’à ce que leur voix soit enfin entendue et respectée.






