QUAND L’INCERTITUDE, ENNEMI DU DROIT, OUVRE LA PORTE À TOUTES LES MANIPULATIONS…

411
0
Share:
TRiboLAND

Les Haïtiens vivent de leur malaise un peu comme les Britanniques, les Belges vivent de leur famille royale. Nous devons analyser cette caractéristique bien haïtienne “le mépris de l’optimisme”. Pourtant, dans les pays les plus déshérités, le moral est souvent au beau fixe. On y éprouve une sensation de progrès, tandis que chez nous, le sentiment d’impuissance nourrit la dépression. Dès lors, l’urgence consiste à ne pas se laisser abatttre, à investir le maximum d’énergie là où on peut faire bouger les choses. Le déclinisme, la résignation constituent une faute morale et nous devons à l’inverse adopter une posture mentale d’optimisation considéré par le fondateur de la psychanalise Sigmund Freud comme une caractéristique innée. Des études postérieures en ont abaissé la composition héréditaire à 30/% puis dans une fourchette de 30 à50/%. Il semble donc bien qu’il existe une prédisposition génétique, même si elle n’explique pas tout. Ainsi, chacun se demande s’il n’existe pas un gêne de l’optimisme. La réponse pourrait être bien positive.

Une étude menée en Nouvelle Zélande a mis en évidence un lien entre la façon dont les individus apprécient plus ou moins positivement leur vécu ” life satisfaction ” et la longueur d’un de leurs gênes, le SHTT. Plus ce gêne est long, plus son détenteur est susceptible de sécréter de la sérotonine, (le neuromédiateur qui régule nos humeurs). Dans sa version longue, ce gêne confèrerait une aptitude à percevoir plus positivement les aléas de la vie, une résistance durable au stress négatif et à la dépression. Une autre étude menée en 2007 localise une zone de l’optimisme, dans le mésencéphale,( le cerveau moyen, juste derrière les yeux). Cet endroit s’active lorsque nous élaborons des pensées positives concernant notre avenir et les transforme en émotions agréables.

Toutefois, l’optimisme peut se cultiver et le cerveau se modifier en conséquence. Voilà pourquoi, il ne faut jamais désespérer. L’optimisme n’est pas réductive à des données génétiques ou physiologiques. Il dépend largement du milieu dans lequel on baigne et de toutes sortes de facteurs sociaux comme l’éducation, les conditions matérielles, les événements de la vie et Philippe Gabilliet de souligner le rôle crucial d’une enfance où l’on se sent aimé. Comme son inverse, l’optimisme peut être qualifié de contagieux ,car il se révèle transmissible par simple contact: il se propage par vague au sein des cercles d’amis et membres d’une famille.

RÉINVENTER LE PROGRÈS…..

A-t-on encore le droit d’être optimiste après ces trente-cinq dernières années? Peut-on, sans être traité de ravi de la crèche, penser que le progrès est encore possible, que l’avenir n’est pas forcément sinistre, que le sort de la pauvre humanité peut s’améliorer. Haïti est frappée d’un mal étrange, d’une manie décourageante, qui consiste à ignorer systématiquement les faits positifs, à ne voir dans un verre que sa partie vide, à noircir tous les tableaux. Ce pessimisme n’est pas seulement une maladie déprimante. C’est aussi un mensonge. Un mensonge politique accrédité par un pernicieux complot des atrabilaires qui annoncent l’apocalypse pour promouvoir leurs idées douteuses quand elles ne sont pas réactionnaires. ( À SUIVRE)

Share:

Leave a reply