Le président Abinader et d’anciens présidents dominicains adressent une lettre conjointe historique aux principales nations du Conseil de sécurité de l’ONU concernant Haïti.

Par TRiboLAND.com
Dans une démarche diplomatique inédite, le président Luis Abinader, en collaboration avec les anciens présidents dominicains Hipólito Mejía, Leonel Fernández et Danilo Medina, a entrepris d’adresser des lettres aux dirigeants mondiaux influents. L’objectif est de solliciter un soutien pour la transformation de la Mission de Soutien à la Sécurité Multinationale (MSS) en Haïti en une mission hybride, plus robuste, dirigée par les Nations Unies. Ce mouvement, qualifié d’exceptionnel par le porte-parole de la présidence, Homero Figueroa, indique un rare consensus politique, motivé par la nécessité pressante de prévenir l’effondrement des institutions étatiques haïtiennes.
Les lettres sont adressées à des leaders des pays ayant une influence significative au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, tels que les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, et ont toutes été transmises par les représentations permanentes auprès des Nations Unies. Le gouvernement dominicain soutient que la MSS actuelle est insuffisante en termes de ressources et de pouvoirs pour stabiliser Haïti. Il estime qu’une mission sous l’égide de l’ONU garantirait un meilleur encadrement logistique, financier et en matière de droits humains, tout en continuant de promouvoir une solution politique dirigée par les Haïtiens.
Les lettres mettent également en évidence l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti, marquée par la montée des gangs armés et l’intensification du crime transnational. Les responsables dominicains insistent sur la nécessité d’adopter une résolution au sein du Conseil de Sécurité avant la fin du déploiement des forces kenyennes, mettant en garde que tout retard supplémentaire pourrait mettre en péril la sécurité régionale.
Cette approche collective soulève plusieurs points d’analyse. Tout d’abord, elle témoigne d’une volonté de coopération inter-étatique face à une situation de crise qui dépasse les capacités d’un seul pays. Ensuite, elle met en lumière la perception que la sécurité en Haïti est non seulement une question locale, mais également un enjeu régional et international. Enfin, l’accent mis sur la nécessité d’une mission dirigée par l’ONU souligne la reconnaissance croissante du rôle crucial des organisations multilatérales dans la gestion des crises contemporaines.






