SOS Journalistes Condamne l’Incendie “Criminel” Aux Locaux de Radio-Tele Caraibes, Appelle Les Autorités À La Responsabilité

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TRiboLAND

03 – 14 – 2025

PORT-AU-PRINCE, Haiti– SOS Journalistes condamne de toutes ses forces l’incendie allumé, sans doute par des mains criminelles, dans les locaux de Radio-Télé Caraibes, situé en bas de la ville, dans la nuit du mercredi 12 au jeudi 13 mars 2025.

Les dirigeants et les journalistes de Radio-Télé Caraibes sont, depuis un certain temps, l’objet d’intenses menaces (y compris des menaces de mort), lesquelles avaient contraint la direction à démenager les opérations quotidiennes de la station et une partie des installations de cette dernière, dans un autre local situé dans une zone réputée plus sécuritaire.

Il ne fait aucun doute que cet acte, comme beaucoup d’autres, constitue un message d’intimidation qui, entre autres, trouve sa source dans l’impunité généralisée, voire officialisée; dans l’irresponsabilité et l’indifférence affichées par les autorités “compétentes”, quant à leur devoir et leur rôle exclusifs de faire en sorte que règne un climat de paix et de sécurité en Haiti.

SOS Journalistes se demande enfin s’il existe vraiment des dirigeants à la tête du pays, pendant que des zones – qui abritent le palais présidentiel, le palais de justice, le parlement, la Cour de Cassation, etc.- ont toutes été abandonnées aux gangs armés.

On le pensait tacite, mais les citoyens ont le droit légitime de se demander: “Haiti a-t-elle été officiellement placée sous le règne des bandits armés !?”

Les gangs avaient même lancé “un avis de recherche” à l’encontre de plusieurs journalistes, dont Johnny Ferdinand, Guerrier Dieuseul de Radio Caraibes; Lucner dit Louko Désir et Esaue César de Radio-Télé Éclair

Le chef de gang Jimmy Chérisier dit Barbecue avait publiquement ordonné aux membres de la coalition criminelle “Viv Ansanm” (Vivre Ensemble), de procéder à l’arrestation des journalistes précités et de les amener devant lui pour qu’ils soient jugés. Il a dû, par la suite et de son propre chef, lever cet ordre.

En Haiti, les journalistes et la population toute entière sont à la merci des gangs. Et si tel est le cas, se demande plus d’un, pourquoi avoir un Conseil Présidentiel de Transition (CPT), un Premier ministre, un gouvernement, etc.

La posture de ce CPT s’apparente à celle d’une dictature, en témoigne sa décision liberticide d’ordonner arbitrairement la suspension d’une émission indépendante, “Boukante Lapawòl”, diffusée sur Radio Méga. L’attitude du CPT met en danger de manière évidente, persistante, têtue et délibérée la sécurité des membres de la presse.

SOS Journalistes réitére sa solidarité avec Radio Caraibes et avec son Président-Directeur Général Patrick Moussignac.

Vive la liberté de la presse et d’expression, à bas l’impunité et à bas la dictature sous toutes ses formes!

Fait à Port-au-Prince, le 13 mars, 2025.

Joseph Guyler C. Delva
Secrétaire général
SOS Journalistes Haiti

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