Dix gamins ont perdu la vie pendant les manifestations électorales au Mozambique, d’après HRW.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com


Au Mozambique, la situation est devenue critique à la suite des récentes élections présidentielles, marquées par des allégations de fraude. Les tensions qui en ont résulté ont conduit à des manifestations massives, durant lesquelles les forces de sécurité ont réagi de manière violente. Selon Human Rights Watch, au moins 10 enfants ont perdu la vie, tandis que des dizaines d’autres ont été blessés. De plus, des centaines de mineurs ont été arrêtés, certains étant retenus illégalement pendant plusieurs jours, en violation des normes internationales.

Les troubles ont éclaté après que Daniel Chapo, le candidat du parti au pouvoir, a été proclamé vainqueur des élections du 9 octobre, un résultat qui a été contesté non seulement par l’opposition, mais également par des observateurs internationaux, y compris ceux de l’Union européenne. Malgré l’ampleur des manifestations et des revendications populaires, les autorités n’ont pas communiqué de chiffres précis concernant les décès ou les arrestations survenues lors de ces événements tumultueux.

Chapo, qui va succéder à Filipe Nyusi, président sortant ayant atteint le maximum de deux mandats, représente la continuité d’un régime qui dirige le Mozambique sans interruption depuis l’indépendance du Portugal en 1975. La nation se trouve ainsi à un tournant, confrontée à des défis majeurs tant sur le plan politique que social, alors que le mécontentement populaire grandit face à des pratiques jugées répressives et anti-démocratiques.

Dans un pays où le pouvoir est exercé d’une main de fer, le parti de gauche Frelimo fait face à une montée de la contestation populaire. Accusé de manipuler les élections pour maintenir son emprise, le parti se retrouve au cœur d’une tempête politique après des élections locales tumultueuses. Les tensions s’intensifient lorsque deux figures emblématiques de l’opposition sont assassinées en pleine nuit, un acte tragique qualifié par leur parti d’assassinat politique. Ce drame déclenche une vague de colère dans les rues de la capitale, Maputo, et d’autres villes.

Des milliers de Mozambicains, galvanisés par des appels à la résistance sur les réseaux sociaux, sortent manifester pour réclamer justice. Parmi eux, Venancio Mondlane, un candidat à la présidence indépendant, qui voit sa propre sécurité menacée et finit par fuir le pays après la mort de son avocat, pris dans la fusillade avec d’autres membres de l’opposition. Alors que les manifestations s’intensifient, des rapports alarmants font état de l’usage de la force par les autorités, faisant des dizaines de victimes.

Les écoles et les entreprises ferment leurs portes, les habitants préfèrent s’abriter chez eux, tandis que l’armée est déployée pour tenter de rétablir l’ordre. Dans ce climat de peur et de répression, les voix de ceux qui luttent pour une démocratie véritable continuent de résonner, défiant un régime qui, jusqu’ici, a su conserver le pouvoir par la force et l’intimidation. La résistance s’organise, et un vent de changement semble souffler sur le Mozambique, porté par le courage de ceux qui n’acceptent plus le silence.

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