Le nouveau réseau de transport de la Chine : d’une extrémité du pays à l’autre en quelques heures

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Apparemment face aux incertitudes de l’économie mondiale, la Chine développe son marché intérieur en jouant sur les infrastructures, transport, eau potable, environnement. Mais ce faisant elle offre également à d’autres pays voisins comme la Russie et l’Inde, la possibilité de se raccorder sur son réseau, le leur étant totalement insuffisant. Loin d’être le repli décrit par l’occident c’est au contraire une manière gagnant-gagnant pour la Russie et l’Inde d’affirmer leur propre souveraineté. Un monde nouveau est en train de naître. (Danielle Bleitrach)

Les projets d’infrastructure sont devenus la base du développement florissant de la Chine

par Mikhail Morozov.

Pékin a décidé d’intensifier la construction d’infrastructures afin de stimuler la demande intérieure et la croissance économique.

Le président chinois Xi Jinping a fait cette déclaration lors d’une réunion de la Commission centrale des affaires économiques et financières, qui a été présidée par le dirigeant chinois cette semaine.

Les infrastructures sont le pilier du développement économique et social, a déclaré Xi Jinping, qui a exhorté les dirigeants du pays à « intensifier le développement, assurer la sécurité, optimiser la configuration, la structure, les fonctions et les modèles de développement des infrastructures ».

Les participants à la réunion ont pris note des réalisations de la Chine au fil du temps : mise en place de grandes installations scientifiques et technologiques, projets d’exploitation et de protection des ressources en eau, nœuds de transport, infrastructures d’information et réserves stratégiques d’État. Dans le même temps, ils ont convenu que les infrastructures du pays ne répondent toujours pas aux exigences du développement national et de la sécurité.

Selon les agences de presse, les investissements supplémentaires seront destinés aux projets d’infrastructure au sens large, qui contribuent à la croissance industrielle et protègent la sécurité nationale. L’accent sera mis sur les transports, l’énergie et les ressources en eau. Ce dernier projet s’inscrit dans le cadre du plan de transport 2025 existant.

Le gouvernement va également accélérer la construction d’installations énergétiques vertes et à faible émission de carbone, améliorer les réseaux d’oléoducs et de gazoducs et construire un certain nombre d’aéroports régionaux et de fret (plus de 30). Selon la réunion, l’accent sera mis sur les derniers éléments de l’infrastructure, notamment le big data, les superordinateurs, l’informatique en nuage, les plateformes d’intelligence artificielle et la connectivité à large bande.

La Chine est connue pour avoir construit le plus long réseau de chemins de fer à grande vitesse du monde (environ 38 000 kilomètres) et le plus grand réseau routier qui relie toutes les parties du pays. La longueur des autoroutes en Chine (170 000 km) est presque deux fois supérieure à celle des États-Unis (en Russie, elle est inférieure à 7000 km). Les lignes de métro s’étendent sur 7000 kilomètres en Chine. La semaine dernière, la ville de Guangzhou a inauguré une nouvelle ligne de métro dont les trains circulent à une vitesse de 150 km par heure.

Selon les plans, la Chine construit un réseau de transport qui permettra de rejoindre l’aéroport ou la gare de train à grande vitesse la plus proche en une heure et de se déplacer d’une partie du pays à l’autre en quelques heures.

La Chine possède le réseau internet à large bande le plus étendu au monde, le plus grand système de communication 5G, qui a déjà couvert tous les grands centres industriels du pays. La Chine est le leader mondial de la production d’énergie à partir de sources alternatives et de la mise en service de ces nouvelles capacités. Sa part (y compris les centrales hydroélectriques, nucléaires, éoliennes, solaires et thermiques) dans le mix énergétique total du pays est proche de 45%.

Les projets d’infrastructure ont été à la base du développement rapide du pays, accumulant des fonds énormes qui ont été investis dans sa propre économie (plutôt qu’exportés à l’étranger), stimulant la demande intérieure et élargissant le marché intérieur.

Comme il a été noté lors de la réunion, « une intensification globale de la construction d’infrastructures est essentielle pour le bon fonctionnement de la « circulation interne », la promotion de la « double circulation » – marchés intérieurs et étrangers, l’expansion de la demande intérieure et la stimulation d’un développement de haute qualité ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Dans le contexte de la nouvelle situation mondiale, les plans de la Chine suggèrent qu’elle a l’intention de se concentrer encore davantage sur le développement intérieur, afin de donner une impulsion supplémentaire à l’économie face aux contraintes et à l’instabilité extérieures. En Occident, cela a été interprété, comme on pouvait s’y attendre, comme une preuve des problèmes de l’économie chinoise. « La deuxième plus grande économie du monde risque de connaître un fort ralentissement, car les restrictions imposées en raison du COVID-19 dans une grande partie du pays ont frappé les dépenses de consommation, le marché immobilier reste en récession et les exportations semblent devoir ralentir encore plus », écrit notamment Reuters. Mais ce n’est rien de plus que les habituels vœux pieux des « analystes » occidentaux.

Ces dernières années, la Chine a investi massivement dans les économies américaine et ouest-européenne, ainsi que dans les pays de la « Ceinture et la Route ». Aujourd’hui, la Chine décide d’investir davantage dans le développement national, et les infrastructures constituent l’épine dorsale de toutes les fondations ici. À propos, la Russie pourrait ne pas non plus donner ses réserves de devises à ses « partenaires occidentaux », mais les utiliser pour construire les infrastructures de l’avenir. Mais l’opinion dominante est que cela va soi-disant stimuler l’inflation, et que ce n’est pas rentable pour le pays en général. C’est pourquoi nous n’avons toujours pas construit une seule ligne ferroviaire à grande vitesse, nous n’avons toujours pas de route normale qui relierait l’ouest et l’est du pays.

On parle beaucoup aujourd’hui d’un rapprochement inattendu entre la Chine et l’Inde, qui ont de nombreuses contradictions et même un conflit frontalier larvé. Mais les politiques des pays occidentaux poussent littéralement ces États à collaborer plus étroitement. Il y a peu, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a effectué une visite surprise non officielle à Delhi. Il est possible que le Premier ministre indien Modi participe au sommet des BRICS à Pékin cet automne et s’entretienne avec le président chinois Xi Jinping.

Un domaine de coopération très prometteur entre les deux pays pourrait être le développement des infrastructures de l’Inde, sur le modèle et à l’aide de la technologie chinoise. En 1990, le PIB par habitant de la Chine et de l’Inde était presque égal. Aujourd’hui, la Chine, qui suit la voie du « socialisme aux caractéristiques chinoises » et donne la priorité au développement des infrastructures, a triplé l’écart avec l’Inde à cet égard. En ce qui concerne les infrastructures, l’Inde bénéficie de ce que lui ont légué les colonisateurs britanniques et les transports et les communications constituent l’un des principaux obstacles au bond en avant de l’économie indienne. Si ces deux grands pays règlent leurs litiges, l’Asie pourrait avoir une configuration politique et économique très différente.

source : SV Pressa

traduction Marianne Dunlop pour Histoire et Société

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