ADIEU MARCEL ÉLIBERT

82
0
Share:
TriboLAND

“Jusqu’à ce que la Mort, déployant son vaste aile, engloutisse à jamais dans le silence éternel la douleur infinie.”

La nouvelle, comme un couperet, un coup de foudre dans un ciel serein, est tombée: ” Marcel Elibert (So) pour les amis,s’en est allé vers l’Orient Éternel. Et comme à son habitude, il a quitté la vie,sans même nous dire Adieu. Et depuis, cette flamme qui s’éteint en ce mois de Juin fulgurant nous laisse entendre Enrico Macias fredonner à nos oreilles sa chanson :” Un berger vient de tomber. Le coeur de l’humanité est en larmes ”

So, cet homme épris de liberté et des beautés de la vie est parti, empruntant les sentiers de la nuit,rejoindre dans le Nirvana Haïtien ses père et mère, laissant après lui une vie remplie de bons et de mauvais souvenirs mais dont le mélange participe de l’humeur divine qui, paradoxalement, fait l’essentiel de l’humain.

Homme- courage, So a toujours assumé parents et amis dans les moments les plus sombres de la vie. Sa militance fut une espèce de Saga contre tout ce qui n’était pas sa Patrie, sa famille et ses convictions. Ce fut une vie de sacerdoce au service d’une classe aimée, adorée et idolâtrée même.Fort de cette militance. So, n’a jamais marchandé son appartenance à l’immarcessible ethnie nègre D’Haïti qui n’aurait de surcroît jamais osé négocier la souveraineté d’un pays laissé en héritage comme ces terres languissant dans l’indivision testamentaire de l’Aïeul.

Ami-fidèle, So a toujours été pour tous ceux qui l’ont pratiqué, connu et aimé ce soleil d’été tropical. Son entrée en scène des années en arrière n’était saluée ni par les almées et les ballerines de Terpsichore,ni par les percussionistes et les tambourinaires de Dambalah. Il sauta dans la vie comme on plonge dans une piscine pour se rincer des sédiments alluvionnaires déposés sur sa peau délicate de poupon réveillé d’un long sommeil amniotique.Et si ses yeux s’ouvrirent sur un spectacle de béatitude familiale, ils eurent tôt fait de se promener dans les bergers bucoliques D’Haïti et d’outre-mer pour y butiner et puiser le suc des pollens en folie.

Et depuis, les étamines et les pistils entretiennent dans la démarche florale des relations plus fortes qui rendent jalouses les faiseurs d’icônes. Et depuis, cette fleur- soleil toujours fièrement campée sur sa tige pourtant fragile prend plaisir à se gausser des soltices et des équinoxes

Maintenant, que cet être trop sensible qui n’a jamais su contenir les élans incompressibles qui agitaient son coeur est parti, la morne solitude enveloppe nos cœurs de sombre nostalgie et d’étrange amertume sur l’écran du passé. Nous n’arrivons même pas à distinguer à travers la tardive brume la longue procession des fantômes aimés, de ces Êtres qui s’en vont sans crainte et sans désir et qui se perdent déjà sous la vote azurée. Maintenant que Marcel Elibert n’ est plus qu’un souvenir, des êtres pleurent. Et s’il est vrai que les larmes ne rendent pas la vie, elles sauront tout au moins exorciser la douleur de ceux que cette perte afflige.

À la famille éplorée , sa femme qu’il chérissait tant, sa fille qu’il aimait tant, je ne puis que souhaiter courage, car, c’est par la Mort qu’on arrive à la présence de Dieu. Quant à toi, So : ” Leva sit tibi terra”!
Vale Jean L.Théagène

Share:

Leave a reply