L’Afrique face à ses barrières : le cri d’Aliko Dangote pour une intégration réelle

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Lors du Africa CEO Forum 2026, qui s’est tenu à Kigali les 14 et 15 mai, un épisode marquant a capté l’attention de tous : la prise de parole d’Aliko Dangote, l’un des hommes d’affaires les plus influents d’Afrique. Avec une franchise rare, il a dénoncé les nombreux obstacles administratifs qui empêchent la libre circulation des talents, des entrepreneurs et des capitaux à travers le continent. Sa déclaration a résonné comme un appel à l’urgence, soulignant que pour ses déplacements personnels, il doit obtenir près de trente-cinq visas différents, un chiffre qui contraste fortement avec la facilité d’accès qu’offre un passeport européen. Ce témoignage a relancé le débat sur la réalité de l’intégration africaine, souvent évoquée mais encore largement inachevée.

Ce moment a été bien plus qu’une simple anecdote : il a été le reflet d’un problème structurel profondément enraciné dans l’histoire et la gouvernance de l’Afrique. Depuis la création de l’Union africaine en 2002, la vision d’un continent plus uni, où les personnes et les capitaux circuleraient librement, a été au centre des ambitions politiques et économiques. La feuille de route de la Vision 2063, adoptée par l’Union, évoque clairement la nécessité d’unifier l’espace africain pour favoriser la croissance, la stabilité et la prospérité partagée. Cependant, ces ambitions se heurtent encore à une réalité beaucoup plus complexe.

Malgré le lancement officiel de la ZLECAf en 2021, qui devait constituer la pierre angulaire de cette intégration économique, la mise en œuvre concrète sur le terrain reste fragile. Les frontières, héritages du colonialisme, continuent de diviser le continent. Les contrôles bureaucratiques, souvent perçus comme un frein à la mobilité, pèsent lourdement sur les voyageurs, les entrepreneurs et les travailleurs qualifiés. La méfiance mutuelle entre États, alimentée par des enjeux sécuritaires et politiques, renforce ces barrières. La lourdeur administrative et la multiplication des formalités administratives rendent la circulation des personnes et des capitaux laborieuse, voire parfois impossible.

L’intervention de Dangote a permis de mettre en lumière cette contradiction : alors que l’Afrique aspire à devenir une entité intégrée et compétitive, ses institutions et ses pratiques administratives freinent cette aspiration. La vision d’un continent où les talents peuvent circuler librement, où les investissements peuvent s’épanouir sans entrave, reste un objectif à portée de main, mais encore largement à atteindre. Il est urgent que les dirigeants, les institutions et les acteurs économiques unissent leurs forces pour transformer ces discours en actions concrètes. Cela implique de simplifier les procédures, de renforcer la confiance entre les États et de mettre en place une gouvernance efficace pour une meilleure gestion des frontières.

En somme, cette déclaration d’Aliko Dangote a été un rappel puissant que le véritable progrès de l’Afrique ne peut se faire sans une refonte en profondeur de ses pratiques administratives et de ses politiques d’intégration. L’avenir de l’Afrique dépend de sa capacité à dépasser ces obstacles historiques pour construire une véritable union économique et sociale, capable de tirer parti du potentiel immense qu’offre le continent.

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