LES DIVAGATIONS DE CASSANDRE…. no 2

Par J.L.T.
7 Février évoque l’image immanquablement d’un peuple encore enfant, rétif aux limites qu’on lui impose. Haïti vit sa crise d’adolescence. D’ailleurs,la prétendue démocratie est fragilisée par un espace public bouleversé et voilà que de mon côté, je m’interroge sur l’art d’être gouverné et qu’est-ce que la démocratie à l’haïtienne pour le citoyen quand on remet au centre du jeu la politique, la décision, l’autorité mais aussi la confiance qui ne peut venir que du peuple.
Paradoxe à résoudre, le haut frappé d’impuissance tout en entraînant les citoyens qui veulent avoir l’audace d’obéir. Somme toute, entre ce que le gouvernement croit être et que ce que les Haïtiens pensent comprendre de Didier, il y a un gouffre géant.
Charles Péguy en son temps définissait le monde moderne comme celui de ceux qui font les malins. Il renchérit en parlant de ceux qui se disent avoir les mains propres parce qu’ils n’ont pas de mains. Avec Didier, rarement on aura défini les faiblesses de son pouvoir, aux prises avec les contradictions de sa politique et surtout de l’éthique. Maurice Duverger disait: “on peut perdre la règle en gardant l’éthique, on peut perdre l’éthique en conservant la règle mais on n’a pas le droit de perdre et la règle et l’éthique “. Or, ce Didier a perdu les deux: la règle et l’éthique. De partout,on se demande perplexe :”N’ y avait-il derrière lui, cet homme hors norme, des forces et des intérêts que la prudence élémentaire conduisait à ne pas affronter à visage découvert? Sa façon de faire de la politique dans laquelle il excelle, malgré lui, malgré eux, est celle d’un joueur de contre.. Il correspond peu à l’idée qu’on peut se faire d’un homme politique. J’aurais bien aimé mettre sous ses yeux certaines citations pour qu’il comprenne qu’au-delà du flair du politique de haut vol, il y a dans la gestion d’un pays tel que le nôtre une dimension qu’il vaudrait mieux cesser de mépriser.
La première est de Flaubert: les Héros ne sentent pas bons. La deuxième d’Alexis de Tocqueville: le moment le plus dangereux pour une mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer. La troisième de Joseph de Maistre, la plus terrible : longtemps nous n’avons pas compris la révolution dont nous sommes les témoins; longtemps nous l’avons prise pour un événement, nous étions dans l’erreur, c’était une époque et malheur aux générations qui assistent aux époques du monde. La quatrième et la toute dernière de votre serviteur J.L.T. : “la dénonciation d’un mouton noir dans la bergerie du gouvernement ne dissipe pas le soupçon, car, c’est sur ce terreau d’incertitudes que naît un lourd soupçon d’omerta”.
J.L.T.






