1804, reste une maladie génétique

…MEMINI”:JE ME SOUVIENS”…
…”À UNPEUPLE SANS MÉMOIRE” …
…” Mourir sans vider mon carquois”
Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange
…Ces bourreaux, barbouilleurs de lois
..Non, non, puissé-je vivre… ”
A. Chénier
Par J.L.T.
Pour ceux qui gardent encore une certaine notion de la Patrie, 1804 reste une maladie génétique, car, le présent doit s’analyser à partir de ce qui n’est plus et qui doit se retrouver par les vestiges, les souvenances. Définitivement, le 9 Mars 2009, soit seize ans après, s’inscrit comme date fétiche dans la vie politique haïtienne! Un 9 Mars 1983, un Pape, Jean Paul ll, en mission pour la CIA, débarque dans ce coin de terre catholique, apostolique, romaine à 80 % pour signifier à un gouvernement rétrograde que le bal est fini en ces termes cinglants:” Il faut que les choses changent”. Comme par hasard, 26 ans après, la ronde infernale se poursuit. Ce 9 Mars 2009, le pays reçoit, à la manière de l’expédition Leclerc, la visite du gardien de la tutelle virtuelle Ban Ki Moun et du fossoyeur de la Patrie William Jefferson Clinton. Et, pour notre malheur, cette fois, pas d’Henri Christophe dans le décor pour leur signifier qu’ils ne sont pas les bienvenus, mais plutôt des lèche- culs qui percevaient comme bon signe la présence non souhaitée de ces visiteurs encombrants. Dès ma plus tendre enfance, on m’a appris que l’assassin revient toujours sur les lieux du crime. Alors, rien d’étonnant que par cynisme, Bill y revienne sous les parapluies de l’ONU contempler ses forfaits.
Par contre, nous qui avons subi ses bravades et son arrogance d’ours mal léché, à la délinquance adulte et sénile de l’Internationale qui considère Haïti comme un enjeu dans la bataille finale entre mondialistes et altermondialistes, il nous est un devoir impérieux et pressant de prouver au reste du monde que ce morceau d’île à mauvais ventre certes, mais n’a pas accouché uniquement de ce ramassis disparate de jouisseurs et d’assassins qui leur souhaitaient la bienvenue à l’aéroport. En effet, à la seule présence de Bill Clinton sur la terre de Dessalines, la Patrie nous interpelle. Nous ne saurions oublier de si tôt, la deuxième occupation imméritée de notre terre natale en moins d’un siècle, au mépris des lois et conventions internationales le matin du 19 Septembre 1994. Car, à aucun moment, Haïti n’a été le trublion des Caraïbes: à aucun moment, Haïti n’était en guerre avec aucun de ses voisins; seule la loi du Talion y prévalait. Et depuis, nous assistons impassibles et attristés à la disparition de nos Forces Armées, au pillage éhonté de nos maigres ressources minières. Et depuis, nous subissons les conséquences de cet embargo cruel et inhumain qui a détruit la chétive économie nationale. Et depuis, nous voici un sujet de laboratoire comme ces bestioles auxquelles on infecte toutes sortes de un pays souillé par maladies pour en étudier les réactions et surtout en écraser toute velleité de réveil face à la sérénité de l’Occident.
L’Histoire souvent offre le spectacle ahurissant de ces coïncidences qui se chevauchent. Qui aurait dit, qui aurait cru qu’Haïti, la Perle des Antilles serait devenue une population bafouée par ses élites, une société ” torturée par des préjugés insipides, un pays souillé par une convergence morbide, une fusion stupide de l’imbécilité interne et du brigandage international, un bastion de voleurs cravatés sous couvert d’ONG.
Ainsi va la vie. Ainsi se comporte l’Histoire, hors de tout respect des normes minimales de démocratie, de patriotisme tout court. De tous les temps, Haïti se prenait toujours en charge, n’a jamais vécu à la remorque de la charité internationale, résolvant elle-même ses problèmes. Aujourd’hui, c’est l’étranger qui s’intéresse à notre avenir. Nous sommes réduits à ne pas pouvoir bâtir le budget national sans compter sur le volet de l’aide externe. Nos dirigeants sont très précautionneux pour ne pas être interdits de séjour en Amérique du Nord. Au Continent Africain, nous ne servons plus de modèle. Et nous sommes devenus au bout du compte le mauvais exemple à ne pas suivre.
J.L.T. ( À SUIVRE)






