UNE PAGE D’HISTOIRE…20 ANS EN ARRIÈRE….. DE L’ÉMOTION À LA RÉFLEXION

Par Jean L. Théagène
” Malheur au peuple en qui il ne reste aucun soupçon de dignité, aucun sursaut de courage, aucune once de volonté collective pour se tenir debout faceà l’adversité”
Tout est figé sous le beau ciel d’Haïti. L’Histoire s’est recouverte d’un linge sombre courbée qu’elle est sous les bardeaux et les travées du catafalque mortuaire de ces deux- cents mille enfants jetant au passage un regard de mépris sur le journaliste à la manque Patrick Lagacé et les autres attardés et nostalgiques des siècles de basse intensité intellectuelle. Malheureusement, il faut de tout pour faire un monde. De tout et de rien. D’hommes de valeur, d’hommes d’honneur mais aussi de malades mentaux et de salauds. C’est bien dans la nature humaine de se tenir au sommet comme de vautrer dans l’étron puant qui étouffe les êtres sans dignité. En effet, comme il fallait s’y attendre, le linguiste- terminologue haïtien Robert Berrouet Oriol s’était élevé avec indignation contre les propos impudents et farfelus du journaleux de “La Presse”, quotidien montréalais. Il a rabattu le caquet à ce Lagacé qui, dans son insulte la plus gratuite, la plus imméritée à l’endroit d’une nation et d’une communauté ethnique ne nous laissait qu’un raisonnement boîteux à connotation raciste.
Quoiqu’il en soit, aucun détergent ne pouvait laver cet anathème outrageusement articulé par un homme, qui, en voulant ressusciter le cadavre de Gobineau et son armada de racistes malodorants, s’était révélé le pire crétin en matière de sociologie. Lagacé venait de réussir l’exploitation tristement célèbre de remettre en question la démarche d’une nation dont le courage et l’esprit d’entr’aide venaient d’étonner le monde en ce 12 Janvier 2010. Ce dont il n’arrivait pas à se souvenir c’est qu’il avait en face de lui et de personne d’autre dix millions d’Haïtiens que depuis plus de vingt siècles, des avortons de professionnels comme lui ne cessaient d’acculer à ce que l’autre appelle” le désespoir d’être”.
Toujours est-il qu’une insulte en appelle toujours une autre. En s’attaquant à Haïti, cet individu nous obligeait à faire référence à l’histoire pour nous défendre. Car, si en tant que peuple noir des Caraïbes, nous affrontions les vents contraires avec la détermination de l’Ancêtre transplanté en Amérique. si nous avions pu survivre dans cet océan de mépris et de haine injustifiés depuis plus de deux cents ans, ce n’était certainement pas grâce aux bons offices de quelques Las Casas déguisés en journalistes. Cela était essentiellement dû au dévouement inaltérable de nos hommes et femmes qui ne s’étaient pas garder d’empoigner le fusil et de faire le coup de feu libérateur pour finalement enfanter 1804.
Voilà en brève hachure d’idées ce que Lagacé et les autres ne nous pardonneront jamais. Au demeurant, nous autres Haïtiens, nous avions été esclaves par la grâce des Puissances de l’époque et des Églises qui étaient supposées être des gardiennes de la moralité. Mais antérieurement, nous étions des fils de guerriers et de rois, membres d’une civilisation planétaire qui a laissé au monde actuel des chefs-d’œuvre que ne permettaient pas de comprendre la petitesse, la mauvaise foi, le manque de compassion des Lagacé de la planète. Au lieu d’ânonner ou de braire de telles inepties, il eû8t été préférable pour cet imbécile heureux dans son besoin morbide de sensationnalisme d’aller s’extasier face aux Pyramides d’Égypte ou au Jardin suspendu du Moyen-Orient. Exerunt, Lagacé et tous ceux qui font profession de lui ressembler!
À la méditation de tous ceux qui, ces présentes, liront, je laisse ces mots de Sundari:” La faiblesse des animaux, c’est de ne pas savoir parler; celle des hommes, de ne pas savoir se taire”. À Robert Berrouet Oriol qui, par sa plume avait sanctionné comme il se devait l’acte dolosif de ce malotru, que dis-je, ce malséant qui semblait ignorer la pugnacité tout comme l’habitude des victoires les plus ardues du peuple haïtien, mes accolades fraternelles. Car, l’histoire n’appartient qu’aux peuples qui n’ont pas tout perdu de leur ãme et qui savent se tenir debout face à leurs adversaires et surtout face à l’adversité.
J.L. T.






