LETTRE OUVERTE À LA PORTION SAINE DE LA JEUNESSE HAÏTIENNE …

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TRiboLAND

“Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles “. Sénèque

Par les temps qui courent, il est vraiment triste d’être un Haïtien. Ce sont là , les mots d’un grand historien qui supputait l’inéluctable dérive de la Nation. L’ère de la formule-flèche, de l’expression raccourcie, du pittoreque significatif commençait pour ce pays balloté entre l’anarchie et l’espoir. Dans sa curiosité qui avait l’aiguillon du génie, Roger Gaillard avait fait montre de passion investigatrice, de minutie incomparable dans son travail d’annaliste. Il avait jeté un regard passionné sur le passé de l’histoire et en a tiré son oeuvre- maîtresse :” Les Blancs débarquent ” qui aurait dû provoquer une profonde réflexion chez tous les Haïtiens, intellectuels aussi bien qu’analphabêtes. Pourtant, pour la plupart, les fils de ce pays n’ont pas su éviter à deux fois sur une période de quinze ans, ces gifles sonores répétées dont nous abreuvent la communauté internationale et ses laquais nationaux. Ironie du sort, quand les blancs redébarquent, l’on retrouve notre Gaillard, chat dans la gorge ,” très confortable dans son silence approbateur. Que Dieu aie pitié de son âme!

Néanmoins, il fut un temps, à tout le moins un intermède où nous avions un pays avec des institutions d’État, avec des hommes et des femmes de valeur, avec une société complexe certes, mais réelle. Une économie endogène mais suffisante. De graves problèmes mais des espoirs à la tonne, car chaque famille haïtienne, chaque citoyen, du plus grand au plus petit étaient porteurs de visions, de desseins, de missions. Le notable n’était plus seulement le bourgeois de ville ou le petit richard de banlieue. La notabilité s’était définie d’autres critères : haute moralité, esprit de famille, sens civique, niveau élevé de patriotisme, solidarité à toute épreuve etc…Toutes qualités qui se retrouvaient à des degrés peut-être differents dans ce qu’on appelle aujourd’hui ” les anciens Haïtiens par rapport aux nouveaux ” qui se targuent d’être des citoyens modernes avec double ou triple nationalité et surtout avec l’obsession de la réussite matérielle par tous les moyens légaux ou illégaux. C’est un peu le modèle qu’on offre aux générations montantes. Et notre échelle des valeurs n’en finit plus de tomber. La situation actuelle d’Haïti n’est nullement étonnante. Car, une société sans mémoire est, en quelque sorte, sans présent et surtout sans avenir. La rupture d’un maillon de la chaîne entraîne la destruction de l’ensemble. Et c’est ce qui est en train d’arriver à cette nation née, il y a un peu plus de deux siècles.

Jeunesse de mon pays, haïtiens du 21ème siècle, comment pouvez-vous être aussi aveugle au point de ne pas voir l’abîme qui se dessine sous vos pieds? Comment pouvez-vous être si inconséquents et imprévoyants au point de confier dans des élections-bidons votre destin à des comédiens de boulevard incapables de jouer convenablement une pièce montée par les plus grands du théâtre mondial ? Comment enfin, pouvez-vous en tant que noyé, vous accrocher à ces tiges désséchées en espérant atteindre le rivage? Au moment oú les structures de l’État se désagrègent inexorablement sous l’action conjuguée des sympathisans internationaux du pouvoir CPT rétrograde et de la résignation morbide d’une population prise en otage dans un processus de déliquescence accélérée de notre société, on insulte votre intelligence en vous proposant un os à sucer, des élections. Ce cocktail vous est soumis par l’Internationale rien que pour ne pas perdre la face aux yeux du monde qui s’attend depuis longtemps que la branche pourrie se détache d’elle -même de l’arbre de la vie et renoue avec son destin de poussière , comme il en a toujours été de ces régimes politiques chassés à coup de violence, de barbarie et de terrorisme depuis Michel Domingue jusqu’à Vilbrun Guillaume Sam pour arriver à la triste période du CPT. Mondialisation oblige, Jeunesse de mon pays.

(ÀSUIVRE) J.L.T

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