Les autorités guinéennes sèment la tempête politique en dissolvant des dizaines de partis, alors qu’aucune date d’élection n’est à l’horizon.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Les autorités guinéennes viennent de prendre une décision marquante en dissolvant des dizaines de partis politiques et en plaçant sous surveillance deux grandes formations d’opposition, le tout sans annoncer de date pour les élections à venir.

Depuis le coup d’État qui a renversé le président Alpha Condé en 2021, la Guinée est sous le contrôle d’une junte militaire. La pression monte pour un retour à un gouvernement civil, alors que la CEDEAO, l’organisation régionale ouest-africaine, insiste pour que les élections se tiennent en 2025.

La Guinée entre dans une nouvelle ère politique avec la dissolution surprenante de 53 partis et l’examen minutieux de 54 autres pendant trois mois, un événement sans précédent depuis l’avènement de la démocratie en 2010. Le Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a pris cette décision audacieuse après une évaluation lancée en juin, visant à “assainir l’échiquier politique” du pays.

Les 67 partis placés sous observation continueront à opérer, mais devront impérativement corriger les irrégularités identifiées dans le rapport. Parmi eux, nous retrouvons le Rassemblement des Peuples de Guinée, le parti de l’ancien président Alpha Condé, ainsi qu’un autre acteur majeur de l’opposition, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée. Une période décisive qui pourrait redéfinir le paysage politique guinéen !

Les autorités ont révélé que les partis observés ont failli à leur obligation d’organiser leur congrès dans les délais impartis et de fournir des relevés bancaires, parmi d’autres manquements préoccupants.

La Guinée se joint à un nombre croissant de pays d’Afrique de l’Ouest, tels que le Mali, le Niger et le Burkina Faso, où le pouvoir militaire s’est installé, retardant ainsi le retour à un gouvernement civil. À titre d’exemple, la junte militaire du Burkina Faso a récemment décidé d’étendre sa période de transition de cinq ans, laissant planer des incertitudes sur l’avenir politique de la région.

Colonel Mamadi Doumbouya, l’homme qui a renversé le président guinéen il y a trois ans en promettant de sauver le pays du chaos, n’a pas tardé à se retrouver dans la ligne de mire des critiques. Accusé d’être à peine meilleur que son prédécesseur, son règne suscite des doutes sur la véritable portée de ses ambitions.

En février, le leader militaire a pris la décision inattendue de dissoudre le gouvernement, promettant la nomination imminente d’une nouvelle administration.

Doumbouya a fermement repoussé les tentatives d’intervention de l’Occident et des nations développées face aux défis politiques du continent, déclarant avec force que les Africains sont “épuisés par les étiquettes que chacun s’efforce de nous imposer.”

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