Haïti: sécurité comme base, éducation et santé comme socle — les Haïtiens réclament une stratégie intégrée contre les gangs

Par Jimmy Elinor — TRiboLAND.com
Un sondage national a montré que, même si la sécurité demeure essentielle, les Haïtiens affirment que l’éducation et les soins de santé devraient être au premier plan de la réponse à la crise. En ce sens, la Force de Suppression des Bandes — parrainée et financée à l’international — est soumise à des exigences bien plus élevées.
En Haïti, une démonstration de ce que signifie un objectif commun est en train de se faire : la sécurité n’est pas une fin en soi, mais le levier indispensable qui permet ensuite d’investir dans ce qui fait vraiment le quotidien des citoyens. Comme l’indique si clairement un récent sondage national : garantir la sécurité doit venir en premier avant tout le reste, selon 81 % des personnes interrogées. Mais cette appréciation ne s’arrête pas là. Il est tout aussi évident que, respectivement à 69 % et 67 %, l’éducation — exclue du choix — doit être abandonnée en tant que droit; les soins de santé aussi, en tant que pilier de soutien indispensable à la résilience sociale.
Au cœur de cette triangulation des priorités se trouve un constat fondamental : sans sécurité, les écoles restent fermées; les hôpitaux ferment ou avancent à un rythme d’escargot; les familles restent bloquées dans l’incertitude. Mais inversement, la sécurité ne peut jamais vraiment produire ses effets — à moins que la communauté politique investisse aussi durablement dans l’éducation et la santé : une société de jeunes qui ne vont pas à l’école ou n’ont pas accès aux soins est condamnée à retomber dans la violence et la paupérisation. Dès lors, les Haïtiens réclament une intervention systémique : d’abord rétablir la sécurité et la confiance dans le cadre de vie, puis développer un système éducatif et de santé capable d’éviter un autre piège de la pauvreté des capacités.
Au niveau international, la Force de répression des gangs, mandatée par l’ONU et financée par les États-Unis, constitue une condition nécessaire, bien que non suffisante, sur place. Elle mène des opérations visant à mettre fin aux meurtres, aux enlèvements et à l’extorsion, en réponse à l’urgence et à l’impuissance qui sapent la vie quotidienne. La réussite de telles sanctions dépend d’un contexte qui permette des investissements ambitieux dans l’éducation et les services de santé. En l’absence d’un tel cadre, les progrès en matière de sécurité risquent de n’être qu’illusoire, et les jeunes — dans de nombreux contextes, désormais parmi les plus touchés par la violence — resteront aux marges, non reconnus.
Le coût humain de la crise étaye ce récit : environ 1 600 écoles et hôpitaux fermés, inaccessibles ou hors service, ont directement affecté les scénarios d’avenir des enfants — et des familles. Pour tant d’élèves, leur déplacement vers des camps de fortune profondément au sein même des institutions illustre d’autres réalités, tout aussi sombres : un monde où l’éducation n’est qu’un abri précaire et non un droit inaliénable. À cet égard, l’ONU souligne que les engagements qui vont au-delà des opérations de sécurité elles-mêmes doivent s’inscrire dans la durée : traiter l’infrastructure éducative par des programmes de reconstruction scolaire et des systèmes de prise en charge capables de résister à l’instabilité.
Il est évident que le modèle fondé sur la répression, qui ne fait pour ainsi dire que poursuivre la limitation des dirigeants politiques en les empêchant de ne pas pouvoir « rétablir l’ordre » sans s’attaquer aux structures sous-jacentes, sales, qui créent l’insécurité et la vulnérabilité dans la société, nous devons regrouper toute la question sécurité-éducation-santé comme un plan de vie total! » Le message haïtien est simple, mais porteur de sens : la sécurité sert de fondation; l’éducation et la santé, comme un toit et des murs, couvrent l’ensemble et offriront une verticalité à la coexistence humaine.






