DE L’EUPHORIE À LA DÉSILLUSION….

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TRiboLAND

Par J.L.T.

“On fuit l’essentiel pour l’urgence et on finit par oublier l’essentiel”

S’il est une chose que les Haïtiens n’accepteront plus jamais, c’est la déception . Le dire et se dédire,c’est fini. Il faut se souvenir de l’espoir qu’incarnait en son temps” lavalas “. Se remémorer la ferveur populaire au lendemain de la victoire qui paraissait constituer une leçon de Démocratie rare. Hélas, les fruits n’ont pas dépassé la promesse des fleurs. Le style, mélange de détermination, de vision, de morgue, de gouvernance erratique où tous les coups sont permis a fini par convaincre les Haïtiens qu’il est grand temps de tourner la page.

D’un autre côté, Martelly connaît parfaitement son pays, la classe politique, les écueils qui n’auraient pas manqué de se dresser sur son chemin et savait bien qu’il n’avait pas droit à l’erreur et que la patience de ses compatriotes s’était réduite comme peau de chagrin. Mais, malheureusement, savoir et pouvoir sont deux choses differentes. Il avait besoin de temps, de moyens et aussi d’hommes et de femmes autour de lui qui savaient privilégier l’intérêt général. Autant de denrées rares….

Sans vouloir faire de l’anti-Martelly à tout prix; contrairement à une idée reçue, il a conservé des hommes issus du vivier prevalo-lavalassien accréditant la thèse qu’il était un homme de compromis, nullement obsédé par le fait, pour qui rupture n’implique pas obligatoirement faire table rase du passé. Haïti n’a en effet plus les moyens de remettre vingt fois sur le métier un ouvrage jamais achevé.

Matelly, n’a donc d’autre alternative que de résoudre une équation pour le moins complexe: réformer en profondeur un pays qui s’est longtemps contenté de panser des plaies qui nécessitaient des traitements plus lourds, obtenir des résultats concrets dans l’urgence tout en fixant un cap à moyen et long terme, pour que, enfin, Haïti pèse sur la scène internationale pour ce qu’elle serait économiquement, culturellement, ou diplomatiquement et non grâce à la personnalité d’un Chef. Une gageure certes, mais surtout une nécessité.

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