Crise énergétique et humanitaire à Bamako : la capitale confrontée à des coupures d’eau et d’électricité dues à un sabotage

Par TRiboLAND.com
Depuis deux jours, Bamako vit au rythme de coupures d’eau et d’électricité qui paralysent la ville. Tout a commencé avec un acte de sabotage sur une conduite d’approvisionnement, plongeant la capitale dans le noir et le silence. Les habitants, habitués aux défis quotidiens, se retrouvent désormais démunis face à cette nouvelle crise.
Les jihadistes du JNIM, affiliés à Al-Qaïda, avaient déjà mis en place des barrages routiers sur les axes principaux menant à Bamako depuis plusieurs mois, empêchant la circulation et incendiant des véhicules pour étouffer l’économie locale. Mais cette fois, c’est la défaillance du réseau électrique qui aggrave la situation, laissant des quartiers entiers sans lumière ni eau courante. La société Énergie du Mali (EDM) a confirmé qu’un incident sur le réseau de transport d’électricité avait gravement perturbé l’approvisionnement, sans toutefois en révéler la cause exacte.
Dans les quartiers comme Badalabougou, les habitants vivent une réalité difficile. Oumar, un enseignant de 42 ans, témoigne avec désolation : « Nous vivons dans un autre monde. » Pas de ventilateurs pour soulager la chaleur, pas de réfrigérateurs pour garder la nourriture, et surtout, pas une goutte d’eau au robinet depuis plus de 24 heures. La plupart doivent se rendre aux puits alimentés par l’énergie solaire, en faisant la queue avec des jerricans jaunes en plastique ou en chargeant des seaux sur des charrettes à bras, espérant remplir quelques contenants pour boire, cuisiner, et se laver.
Fatoumata Diallo, mère de quatre enfants, raconte ses matinées d’attente : « Nous nous sommes réveillés à 4 heures du matin, espérant remplir quelques jerrycans… La douche devra attendre. » Elle déplore que même les installations de forage soient à court d’eau, et que les propriétaires, désormais, chassent les habitants de leurs points d’approvisionnement.
Depuis 2012, le Mali est plongé dans une crise sécuritaire profonde, alimentée par des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des groupes criminels et séparatistes. La population, déjà éprouvée, doit maintenant faire face à cette nouvelle épreuve, dans un contexte où l’insécurité et la précarité deviennent la norme quotidienne.






