HOMMAGE À UN ÊTRE SUPÉRIEUR……

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TRiboLAND

02/15/2026

“Jusqu’à ce que la Mort ouvrant son aile immense
Engloutisse à jamais dans l’éternel silence
L’éternelle douleur”

Parents et amis éplorés,

En ce 13 Février 2026, le soleil s’est couché sur une forêt luxuriante. Il s’est même éteint sur une exubérance familiale que Mme Iveline Guignard Casséus n’avait pas fini de gâter et d’aimer. Ne pouvant poursuivre sa marche harassante sur les autoroutes de l’Absolu, cette Grande Dame a préféré s’engager sur les sentiers merveilleux d’une autre nature, en compagnie des Êtres immatériels dont elle avait la pratique. Et comme à son habitude, elle a quitté la vie, sans tambour ni trompette, sans même nous dire Adieu. Et depuis, cette flamme qui s’éteint en ce soir du 13 Février fulgurant nous laisse entendre Enrico Macias fredonner à nos oreilles sa chanson: “Un berger vient de tomber. Le cœur de l’humanité est en larmes”….Et nous voici toute une semaine durant, réunis dans cette enceinte austère de “Memorial Hospital” pour lui rendre un ultime hommage, et lui faire sentir , au-delà de la Mort, tout le poids de notre affection et toute l’intensité de la douleur qui nous afflige en une telle circonstance. Partie intégrante de cette famille que je connais depuis longtemps, je n’ai pu résister à l’idée de partager la peine que lui cause le départ d’un membre aussi important, aussi irremplaçable . Mais ce qu’il faut retenir de cette disparition, c’est que le Très Haut, dans son infinie bonté a permis à Joujou de continuer à jouer jusqu’au bout son rôle de Mère, Grand-mère auprès de sa progéniture. Que Gloire lui soit rendue! Et malgré notre tristesse démesurée, nous devons nous persuader que l’oeuvre de Dieu sera toujours assumée avec brio par cette” Dame au grand cœur ” qui continuera par- delà cette troisième dimension qui nous attend tous au bout du chemin, de chérir ses enfants, ses proches et ses amis. Point n’est donc besoin de rappeler à tout un chacun de mes lecteurs,la valeur véritable des mères haïtiennes. Ce sont toutes des trésors enfouis au plus profond de notre cœur ❤️. Des trésors que nous prenons plaisir à contempler, même à abuser sans jamais parvenir à en épuiser, ne fut- ce qu’une minime parcelle, tant ils débordent de leur contenant originel.

Parents et Amis

Aujourd’hui, au spectacle de tant de douleurs et de tant de regrets, il me vient à l’esprit, ces vers de Cyrano de Bergerac, bien appropriés à la circonstance ;
” Une heure après la mort, notre âme évanouie
Sera ce qu’elle était une heure avant la vie ”

La vie, voilà le grand mot. C’est à nous et à tous ceux qui te survivent,Joujou, qu’il appartient désormais de renforcer la chaîne d’amitié et de solidarité spécifiques à la culture haïtienne. C’est à nous qu’il revient de poursuivre le dialogue avec l’Être Suprême pour tenter de comprendre ce mystère impénétrable et douloureux qu’est la Mort. Par la foi en Dieu, par la prière, nous ne pouvons qu’accéder à ce niveau de compréhension mutuelle et de connaissance qui nous contraindra à mieux vivre notre existence terrestre en compagnie de nos frères et sœurs collectivement soumis à un inévitable destin de poussière . C’est là, l’essentiel de la pensée que nous inspire ta disparition que nous aurions toujours voulu garder avec nous.

Mais dans ton cas, Joujou, nous affirmons sans l’ombre d’un doute que les Mères Haïtiennes ne meurent jamais tout à fait. Elles demeurent dans ces souvenirs impérissables qui, mine de rien, servent toujours de balises aux transports et aux heurts dont sont coutumiers ceux qui n’ont pas encore achevé leur mission sur terre. Elles sont présentes dans la nature qui nous environne, la chanson du vent dans nos forêts dévastées , le murmure des rivières qui ne donnent plus d’eau. Beau temps, mauvais temps, elles déversent sur nos carcasses souvent fatiguées, l’ondée qui rafraîchit et le baume qui guérit. Quant à toi, Joujou, nous te disons simplement :” Au revoir et que rien ne vienne troubler ton sommeil royal et ta marche sublime…vers l’Infini” . Ton frérot. Jean L.Théagène

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