LETTRE OUVERTE À LA PORTION SAINE DE LA JEUNESSE HAÏTIENNE.

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TRiboLAND

Par Jean L. Théagène

” Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ” Sénèque

Par les temps qui courent, il est vraiment triste d’être un Haïtien. Ce sont là les mots d’un grand historien qui supputait l’inévitable dérive de la Nation. L’ère de la formule-flèche, de l’expression racourcie, du pittoresque significatif commençait pour ce pays balloté entre l’anarchie et l’espoir.Dans sa curiosité qui avait l’aiguillon du génie, le prof. Roger Gaillard de regrettée mémoire avait fait montre de passion investigatrice, de minutie incomparable dans son travail d’annaliste. Il a jeté un regard passionné sur le passé de l’Histoire et en a tiré son œuvre maîtresse : ” Les Blancs débarquent” qui aurait dû provoquer une profonde réflexion chez tous les Haïtiens intellectuels aussi bien qu’analphabètes. Pourtant, pour la plupart, les fils de ce pays n’ont pas su éviter à deux fois sur une période de quinze ans ces gifles sonores répétées dont nous abreuvent la communauté internationale et ses laquais nationaux. Ironie du sort, quand les Blancs redébarquent, l’on retrouve notre Gaillard, ” chat dans la gorge” très confortable dans son silence approbateur. Que Dieu aie pitié de son âme!

Néanmoins, il fut un temps, à tout le moins un intermède où nous avions un pays avec des institutions d’État, avec des hommes et des femmes de valeur, avec une société complexe certes, mais réelle. Une économie endogène mais suffisante. De graves problèmes mais des espoirs à la tonne, car chaque famille haïtienne, chaque citoyen du plus grand au plus petit étaient porteurs de visions, de desseins, de missions. Le notable n’était plus seulement le bourgeois de ville ou le petit richard de banlieue. La notabilité s’était définie d’autres critères : haute moralité, esprit de famille, sens civique, niveau élevé de patriotisme, solidarité à toute épreuve etc… Toutes qualités qui se retrouvaient à des degrés peut-être différents dans ce qu’on appelle aujourd’hui ” les anciens haïtiens” par rapport aux “nouveaux” qui se targuent’d’être des citoyens modernes avec double ou triple nationalité et surtout avec l’obsession de la réussite matérielle par tous les moyens légaux ou illégaux. C’est un peu le modèle qu’on offre aux générations montantes. Et notre échelle des valeurs n’en finit plus de tomber.La situation actuelle d’Haïti n’est nullement étonnante. Car, une société sans mémoire est en quelque sorte, sans présent et surtout sans avenir. La rupture d’un maillon de la chaîne entraîne la destruction de l’ensemble. Et c’est ce qui est en train d’arriver à cette nation née, ily a un peu plus de deux siècles.

Jeunesse de mon pays, Haïtiens du XXIÈME siècle, comment pouvez-vous être aussi aveugle au point de ne pas voir l’abîme qui se dessine sous vos pieds ? Comment pouvez-vous être si inconséquents et imprévoyants au point de confier dans des élections- bidons votre destin à des comédiens de boulevard incapables de jouer convenablement une pièce montée par les plus grands du théâtre mondial ? Comment enfin, pouvez-vous en tant que noyés, vous accrocher à ces tiges désséchées en espérant atteindre le rivage?Au moment où les structures de l’État se désagrègent inexorablement sous l’action conjuguée des sympathisants internationaux d’un pouvoir rétrograde et de la résignation morbide d’une population prise en otage dans un processus de déliquescence accélérée de notre société, on insulte votre intelligence en vous conviant dans des comices, façon de vous détourner de la réalité vraie. Ce cocktail vous est soumis par l’internationale rien que pour ne pas perdre la face aux yeux du monde qui s’attend depuis longtemps que la branche pourrie se détache d’elle-même de l’arbre de la vie et renoue avec son destin de poussière, comme il en a toujours été de ces régimes politiques chassés à coup de violence, de barbarie et de terrorisme depuis Michel Domingue et de Vilbrun Guillaume Sam pour arriver à la triste période de fin de règne de Jean-Claude Duvalier, Jean -Bertrand, Préval, Martelly, Jovenel, et de ces neuf braqueurs. Mondialisation oblige!

Oui, mondialisation oblige, la mise au pas des États délinquants devient une priorité. Par la force des choses, Haïti se retrouve le premier sur la liste des contrevenants au nouvel ordre de choses qui se dessine à l’horizon. On est en train de lui faire payer très cher le prix de son entrée dans cette ère où il n’y a guère de place pour la fainéantise, la turpitude et l’immoralité. Tout comme, il n’y a pas de place pour l’incompétence biologique et le crétinisme politique .Assujetti aux contraintes du temps, le pouvoir du CPT touche à sa fin, car, incapable de relever avec honneur et talent les défis incommensurable de la vie moderne pour son peuple. Alors, il est venu le temps pour la jeunesse saine du pays de prouver à l’univers entier que ce petit coin de terre en situation de “léthargie développementale” n’a jamais démérité de sa notoriété et de sa réputation de créateurs d’espaces de liberté par son refus de patauger dans cette médiocrité de minus et d’histrions qui veulent continuer à encombrer les avenues de la politique haïtienne

Jeunes de mon pays, anonymes ou qui tardent à se faire connaître, vous vous retrouvez à travers ces lignes aujourd’hui interpellés pour résorber ce déficit de compétence et d’honnêteté dont notre pays a un si grand besoin. Vous avez pour devoir de barrer la route à cette armada de caïmans qui, suite au passage des ouragans de force 5 ont envahi les rues ensoleillées du pays de Dessalines et de Christophe dans des élections programmées. En ces moments douloureux de notre histoire, il ne peut y avoir de place pour le folklore ou la médiocrité, pour des batailles stériles menées de front par des hommes d’expérience que par les abrutis qui se croient tout permis pour avoir, dans leur vie insignifiante, connu la prison pour toutes sortes de raisons ou pour prétendre avoir été exilés par un gouvernement dont ils contestaient bruyamment les points de vue.

(À SUIVRE) JEAN L. THÉAGÈNE

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