Figures controversées, accusées d’avoir joué un rôle dans l’effondrement d’Haïti, osent revenir sur le devant de la scène avec une audace qui dépasse l’entendement

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Le samedi 29 novembre 2025 restera sans doute gravé dans les annales de la politique haïtienne comme le jour où certains acteurs, dont l’histoire a été marquée par des épisodes de turbulence, de chaos et de responsabilités partagées dans le délabrement du pays, ont décidé de faire une apparition remarquée. Une apparition qui, aussi surprenante qu’inquiétante, a été marquée par la présentation d’un document baptisé pompeusement « Consensus Politique pour le Redressement National et la Reconfiguration de la Transition ».

Ce texte, signé par plus de 200 partis et organisations politiques — parmi lesquels des noms qui ont souvent été mêlés aux périodes de crise ou de gouvernance contestée, tels que « Pitit Desalin », EDE, Palmis, KID — n’est pas simplement une proposition. C’est une déclaration d’intention, une déclaration de foi en une « unité nationale » qui, pour beaucoup, ressemble davantage à une tentative habile de repositionnement politique.

Ce « consensus » propose la mise en place d’un exécutif bicéphale, comprenant un président et un Premier ministre, pour piloter la transition après le départ du Conseil de Transition (CPT), prévu pour le 7 février 2026. La question qui brûle les lèvres : à qui profite cette étrange proposition ? À ceux qui, depuis des années, ont été mêlés aux manœuvres, aux accords douteux ou aux choix contestés qui ont contribué à fragiliser le fragile édifice institutionnel haïtien ? On pourrait même se demander si cette initiative n’est pas un simple écran de fumée, une opération de communication pour occuper le terrain et tenter de légitimer des figures qui, dans le passé récent, ont souvent été pointées du doigt comme responsables, ou du moins complices, du déclin du pays.

Il faut aussi souligner que cette proposition intervient dans un contexte où la confiance dans les dirigeants, déjà vacillante, est au plus bas. La majorité des citoyens assistent, impuissants, à ce ballet d’acteurs qui se donnent en spectacle, tout en semblant ignorer la gravité de la crise humanitaire, économique et sociale qui frappe le pays. La question est donc : qui peut encore croire à la sincérité de ces acteurs, quand la majorité d’entre eux ont, à un moment ou à un autre, été mêlés aux stratagèmes, aux arrangements ou aux décisions qui ont précipité la chute du pays ?

L’ironie de la situation réside aussi dans le fait que ces figures, qui ont souvent été accusées d’avoir contribué à l’effondrement, cherchent aujourd’hui à se présenter comme les seuls garants d’un « redressement national » efficace. Une posture qui frise la duplicité ou l’ironie tragique : ils veulent diriger le pays vers la stabilité alors qu’ils en ont été, dans une large mesure, les artisans ou les complices.

En somme, cette mascarade politique soulève une nouvelle fois la question fondamentale : jusqu’où la crédibilité et la légitimité de ces acteurs peuvent-elles encore être respectées ? Peut-on croire en un quelconque « consensus » quand ses acteurs principaux ont, pour certains, déjà déposé leur certificat de non-responsabilité dans la dégradation du pays ? La réponse, probablement, reste dans le secret du peuple haïtien, qui continue d’espérer un changement réel, malgré les performances discutable de ses dirigeants actuels.

Une chose est sûre : en politique comme en théâtre, la scène haïtienne semble encore avoir beaucoup d’acteurs à faire jouer… et le spectacle de Charle Oscar ne fait que commencer.

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