Analyse : Le CPT renonce au projet de rédaction d’une nouvelle Constitution

Par TRiboLAND.com
L’abandon du projet de nouvelle Constitution par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) soulève des questions fondamentales sur la légitimité et la crédibilité du processus de transition. En mettant fin à ce chantier, le CPT indique une possible défaillance dans la gestion des réformes constitutionnelles, notamment en ce qui concerne la transparence, la participation citoyenne, et le cadre légal encadrant ces changements.
L’initiative initiale, visant à remplacer la Constitution de 1987 par une nouvelle version, s’inscrivait dans une logique de transition politique. Cependant, la série de consultations et de sensibilisations n’a pas suffi à légitimer le processus, comme en témoignent les critiques provenant des juristes, avocats et acteurs de la société civile. La contestation s’est principalement articulée autour du manque de légalité perçu, de l’opacité du processus, et de l’absence de débat populaire approfondi, ce qui fragilise la crédibilité de la démarche.
L’annulation du décret référendaire et la révocation du mandat du Comité de pilotage témoignent d’un recul stratégique du CPT face à ces difficultés, tout en révélant une priorité réaffirmée sur d’autres dossiers, notamment la gestion budgétaire et l’organisation électorale. Toutefois, cette volte-face soulève des interrogations sur la capacité du pouvoir de transition à conduire des réformes fondamentales dans un cadre légitime, sans recourir à un processus inclusif et transparent.
Sur le plan symbolique et pratique, cet échec illustre une perte de confiance dans les institutions et dans la gouvernance du processus de transition. Il met en lumière le coût élevé, tant en ressources qu’en effort politique, sans qu’un bénéfice clair ne soit apporté à la population. Enfin, cette situation soulève des enjeux majeurs liés à la crédibilité du CPT, à la légitimité de ses décisions, et à la possibilité de mener à bien toute réforme future dans un contexte de déficit démocratique et de déficit de légitimité.






