Décès tragique d’Alino Faso en détention : colère en Côte d’Ivoire et appel urgent à une réforme du système carcéral

Par TRiboLAND.com
La disparition soudaine d’Alain Christophe Traoré, connu sous le pseudonyme d’Alino Faso, a profondément bouleversé les milieux politiques et militants en Afrique de l’Ouest. Activiste burkinabè engagé sur les réseaux sociaux, il avait été arrêté à Abidjan en janvier 2025, dans un contexte tendu entre son pays d’origine et la Côte d’Ivoire. Sa détention, dans un lieu peu conventionnel — l’École de Gendarmerie d’Abidjan — suscitait déjà de vives inquiétudes quant aux conditions de détention et au respect des droits humains.
Le 24 juillet, la nouvelle de sa mort dans sa cellule a choqué l’opinion. Selon les autorités ivoiriennes, Alino Faso aurait mis fin à ses jours en se pendant avec un drap, après avoir tenté de se suicider en s’ouvrant les veines. Âgé de 44 ans, il était depuis plusieurs années une voix critique du gouvernement ivoirien, dénonçant la censure et les injustices dans son pays. Sa mort a rapidement été perçue comme une tragédie, mais aussi comme le symbole d’un système carcéral défaillant.
Les réactions n’ont pas tardé. Le PPA-CI, parti fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, a exprimé sa profonde tristesse face à cette « mort brutale » et a accusé le gouvernement RHDP d’être responsable de cette situation. Le parti a dénoncé la pratique controversée de détenir des civils dans des lieux non officiels, comme l’École de Gendarmerie, qualifiant ces pratiques de « rétrogrades » et de « dictatoriales ». Jean Gervais Tchéidé, secrétaire général adjoint, a lancé un appel à la fin des arrestations arbitraires et à une révision des conditions de détention.
De leur côté, les militants du mouvement « Trop c’est trop » ont publié une déclaration alarmante. Pour eux, la mort d’Alino Faso met en lumière l’état critique des prisons ivoiriennes, envahies par la surpopulation, l’insalubrité et le manque flagrant de soins. La déclaration dénonce un système carcéral qui, selon eux, a atteint un point de rupture, privant les détenus de dignité et de respect de leurs droits fondamentaux.
Cet événement a ravivé les tensions diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, mettant en exergue les enjeux liés à la justice, à la liberté d’expression et aux conditions de détention dans la région. La mort d’Alino Faso demeure un symbole poignant du combat pour la justice et la dignité humaine, suscitant une réflexion urgente sur les pratiques carcérales et la répression politique dans la sous-région.






