HAÏTI: GRANDEUR ET DÉCADENCE…..

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TRiboLAND

Par JLT

Quand Adolphe Hitler, parvenu au pouvoir en 1933, s’avisa de faire de l’Allemagne, la maîtresse du monde et que, pour y arriver, parmi d’autres crimes de guerre, il décida d’exterminer les Juifs, c’est le monde entier qui se mit debout pour protester contre le nazisme et la folie des grandeurs du Führer. Le crime de Pieter Botha dépassa celui d’Hitler. Pourtant, les États-unis, qui versèrent un sang si généreux pour défier le fascisme, témoignaient d’une complaisance coupable envers l’Afrique des Boers. C’est que l’or, le diamant et surtout l’uranium de cette minorité blanche semblaient avoir plus de prix que les milliers de vies de nos congénères sacrifiées chaque jour dans ce coin maudit de la terre et où les blancs professaient moins de considération pour les noirs que pour leurs chiens.

Le monde en général et HAÏTI en particulier s’étaient sentis soulagés en apprenant la courageuse prise de position de la France de François Mitterand contre le sordide apartheid de l’Afrique du Sud. Gloire à la France qui, au risque de perdre l’uranium de ce pays, venait de rompre avec un racisme puant. Et comme en l’occurence, il n’y a que la révolte, l’incendie et l’émeute qui peuvent avoir raison de la ségrégation et de l’assassinat, l’ Haitien d’hier avait toujours compris que c’est par le fer et les armes que l’on combat l’injustice aveugle et criante. Si les nègres de St Domingue devaient attendre que les Caradeux et les Rochambeau se réunissaient autour d’une table de conférence pour leur accorder la liberté, ils seraient encore aujourd’hui à soupirer après leur émancipation. Somme toute, Napoléon Bonaparte fut médusé quand le nègre Jean Jacques Dessalines à Vertières fit mordre la poussière aux vétérans qui, à Arcole, à Rivoli et devant les pyramides d’Égypte se couvrirent de gloire.Il faut dire aussi que les héros haïtiens, pour réussir leur épopée trouvèrent un appui considérable et exaltant chez les Montagnards Français notamment chez Robespierre qui eut à s’écrier :”Périssent les colonies plutôt qu’un principe.” Et c’est l’une des raisons pour lesquelles HAÏTI, l’Ancienne Colonie Française ne saurait se détacher entièrement de la France, même après l’indépendance.

À Savannah pour aider les États-unis à secouer le joug de la colonisation anglaise, les Haïtiens versèrent leur sang généreux. Ils aidèrent de même Miranda et Bolivar à obliger par les armes la puissante Espagne à accorder l’indépendance à l’Amérique Latine.. Pourtant, pour ne pas déplaire au Président des États-unis, Simon Bolivar évita la République nègre d’Haïti en 1826 au Congrès de Panama. Que dis-je? Les États-unis, qui ne virent jamais d’un bon oeil l’indépendance haïtienne profitèrent de nos guerres intestines jusqu’à occuper le pays de Dessalines durant vingt longues années. Et cette occupation américaine a représenté l ‘une des plus noires époques de notre Histoire, car le pays n’a en rien profité de cette abusive mainmise sur ses finances, son économie et sa civilisation.

À bien des égards, le peuple haïtien n’est pas rancunier. À tort ou à raison, il ne resta pas indifférent à la guerre déclarée en 1941 par Franklin Delano Roosevelt aux Forces de l’axe Berlin, Rome, Tokio après le désastre de Paerl Harbor. En effet, non seulement HAÏTI déclara la guerre à l’Allemagne, à l’Italie et au Japon, mais encore le Président Lescot permit à la Shada de s’implanter dans les riches régions du Nord transformées, au détriment du paysan et de l’économie nationale, en d’immenses champs d’hévéas ,d’où les Américains tirèrent les matières premières à la fabrication des pneumatiques pour leurs voitures et leurs avions. Il n’empêche que l’animosité des États-unis contre le peuple haïtien ne s’est jamais désarmée. Et l’on se demande si cette animosité ne s’identifie pas avec un racisme déguisé, malgré le martyre du republicain anti-esclavagiste Abraham Lincoln et le dévouement admirable du Président Kennedy en faveur de nos congénères de l’Amérique et du Monde.

Toutefois, c’est dans la France de Robespierre que Simon Bolivar alla sucer la substantifique moelle révolutionnaire avant d’engager contre l’Espagne esclavagiste, la lutte titanesque d’où devait sortir la libération de l’Amérique Latine. Battu en plusieurs fois et tenté de jeter le manche après la cognée, c’est vers HAÏTI que l’illustre fugitif tourna ses regards en quête de secours. Simon Bolivar ne fut pas déçu dans son espoir. Alexandre Pétion lui fournit l’argent, les armes et les munitions dont il avait besoin. En retour, il ne lui réclama qu’une chose :” Libérez les esclaves, partout où tu seras vainqueur”. La France éternelle mérite qu’on l’admire, qu’on l’aime et qu’on se range sur son leadership culturel et politique. Haïti en 1940 a vibré à l’unisson de Charles de Gaulle se rebellant contre l’agenouillement de Pétain, le vainqueur de Verdun devant l’occupation allemande car, pour nous également, la France avait perdu une bataille, pas la guerre. Et à la libération de Paris, il y avait des noirs dans l’armée de Leclerc. Voilà pourquoi, la France n’appartient pas seulement aux Français, mais aux citoyens de l’univers puisque, chaque fois qu’un Sardanapale sème la terreur quelque part, c’est à la révolution de 1789 et à la Déclaration des droits de l’homme qu’on se réfère pour le détrôner et l’abattre.

Qu’on le veuille ou non, L’Amérique est une Nation cosmopolite, peuplée d’immigrants européens, asiatiques et africains. Tout être humain brûle du désir de visiter les États-unis, le pays le plus développé et le plus industrialisé du monde. Ce pays a ouvert grandes ses portes aux Anglais, aux Irlandais et aux rescapés du communisme international. Aujourd’hui, au pays d’ Abraham Lincoln, plus de place pour les Haïtiens. Plus d’espoir pour nos compatriotes jeunes ou avancés en âge, de pouvoir passer les vacances de Noël ou d’été avec leurs parents résidant aux États-unis, car ils ne sont ni Européens, ni Asiatiques, ni Cubains anti-castristes. Décidément, on ne veut plus frayer avec les Nègres d’Haïti. Et dire qu’à travers l’Histoire, les Haïtiens ont donné assez de preuve de leur attachement pour le pays de Wendel Phillips et de Charles Summer. D’ailleurs, à Savannah ils n’étaient pas des nègres, mais portaient-ils un masque blanc? N’est-il donc pas vraiment temps que le nègre cesse d’être considéré comme un pestiféré? Hélas! On n’a qu’à se consoler à l’idée que le temps cicatrise les blessures

Bonne journée! J.L.T.

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