La sottise et la peur du grand nombre font le triomphe de la scélératesse et la perte des gens de bien.

La postérité rend à chacun sa place, mais c’est au temple de mémoire :” Thémistocle n’en meurt pas moins en exil, Socrate dans sa prison et Sylla dans son lit “. Ce mot de Mme Rolland dans ses “Réflexions” semble bien s’appliquer à la problématique haïtienne qui a fini par intégrer dans son expression globale un phénomène nouveau dans sa constance :l’insécurité. En effet, à l’écoute des nouvelles en provenance d’Haïti, on est forcé d’admettre que la société a peur. Et que cette peur-panique, paralysante et tentaculaire participe d’une stratégie étatique susceptible d’induire des objectifs mal définis ou simplement inavoués. Ce sentiment collectif trop harassant pour les épaules ou le cœur d’une société malade semble aussi procéder d’un certain vouloir international de maintenir dans une anxiété croissante des hommes, des femmes et des enfants plutôt habitués à une lecture bucolique de la vie et non encore intégrés dans le disposant du “Nouvel Ordre Mondial “. Malheureusement, le destin de toute société prétendant à quelque civilisation normativeest d’être chantait par la tourmente d’un soi-disant développement. L’Afrique n’est plus l’Afrique depuis que des Église en soutane ont invité leurs frères et leurs petits cousins à partir à la découverte des mines de diamant, de magnesium,de gypse,de phosphate de fer et autres richesses du Continent induits. L’ Asie n’est plus l’Asie depuis que des Ostrogoths ont Cité les rizières du Cambodge et du Vietnam et prostitué les ressources humaines de ces pays détenteurs d’une civilisation millénaire.
Et Haïti n’est plus Haïti depuis qu’un médecin à lunettes a lancé, suite à des emmerdements de toutes sortes, ses hordes de miliciens à l’assaut des hommes d’armes en kaki et d’adversaires venant d’outre- mer, depuis qu’un prêtre en soutane a troqué sa Bible contre la parole incendiaire, tueuse d’hommes et destructrice d’institutions. Dans les deux cas, c’est le pays qui en pâtit, c’est la société qui subit de dangereuses mutations qui, immanquablement, la conduisent vers la négation croissante des valeurs de civilisation. De tout cela, comment peut-on prétendre atteindre un quelconque niveau d’épanouissement collectif quand la vie de l’Haïtien est tellement fragilisée par ces lectures biscornues du devenir national induites pourtant par des universitaires qui, à l’endroit de leur pays d’origine traditionnellement paisible professent le culte de l’anarchie ?
Quand une société a peur, ses membres s’aiment en prévision d’éventuels dérapages. Si la défense est un droit sacré, l’auto-défense est un devoir fondamental découlant de prescrits bibliques. Il ne faudrait donc pas s’étonner si, dans chaque foyer haïtien, la résistance s’organise pour suppléer aux carences de l’État. Il ne faudrait pas non plus être surpris au spectacle de cette nervosité à fleur de peau qui, au moindre éclat, fait tant de victimes innocentes ou coupables en Haïti. Toute l’énergie du pays part en fumée de pneus enflammés, en manifestations stériles contre la privatisation, en déchoucage de domiciles d’adversaires réels ou imaginaires, en inauguration de monuments hors-sujet, en séminaires et en démarches démagogiques. Un peuple est aux abois. Une société est en crise. Un gouvernement est acculé à la défensive Et voilà que des dirigeants s’amusent avec l’existence de millions d’individus ! Pourquoi cette peur? Qu’est qui manque à cet univers de rêve? Parce que les Haïtiens ont alimenté pendant trop longtemps une presse négative à l’endroit de leur pays. On s’est mis à trahir à qui mieux mieux et la mémoire de l’Aïeul victorieux et la dignité d’un peuple souverain : on s’est plu à diviser et à demander à la Communauté Internationale sa compréhension multinationale en l’espèce. Spécialiste historique de semblables entreprises, l’Occident est en passe de réussir avec éclat cette nouvelle mission que lui a naïvement confiée un peuple en aprentissage d’indignité.
À la limite, l’on s’étonne qu’aujourd’hui l’espace laissé par ce géant , notre armée, soit envahi par les mauvaises herbes. La nature ayant horreur du vide, les déprédations civiles se sont substituées aux malversations militaires pour offrir maintenant l’horrible spectacle des Caligula déguisés en Démocrates de principe pourtant anarchistes de conviction. L’insécurité systématique est devenue projet de gouvernement dans l’approche d’un nivellement global des sensibilités individuelles. Là où l’on ne peut réussir à éliminer les disparités sociales ou économiques, on utilise l’arme de l’insécurité devant laquelle “Tout homme est un homme” tant que ces facultés créatrices ne peuvent présenter qu’un théâtre boulevardier fait de vaudevilles et de comédies. Quand on se tient tout près de la bête, qu’on en respire le même air, qu’on en connaît le même régime alimentaire, on ne peut qu’en assumer l’identité au lieu de cette pratique de domination que la Nature et la Providence nous ont confiée à l’orée du Temps.
Les Haïtiens n’ont donc qu’une alternative : c’est de secouer la torpeur quadri- décennale qui les étreint depuis l’ÈRE Françoisiste jusqu’aux Ides Aristidiennes d’Octobre 1994 où l’on a pu assister au déploiement fastueux de l’incongruitédans toute sa nudité biologique et historique. C’est de rompre avec la peur viscérale des “êtres humanoïdes” qu’ils se nomment “macoutes, militaires, attachés, frapistes, terroristes lavalassiens, brigades de vigilance, kadafistes, Aristidiens ou Prévaliens et tous les autres “mardis- gras” du Carnaval Haïtien. Qu’ils s’arment de courage et d’audace pour lutter contre les épouvantails à moineaux et les Pères fouettards de l’environnement culturel national! Que la jeunesse, dépositaire attitrée des valeurs éducatives, culturelles, ancestrales de la Patrie commence à se positionner dès maintenant pour prendre en main le destin national et s’éviter une exploration plus poussée des profondeurs abyssales ouvertes sous leurs pieds par les inconséquences d’une génération de balourds. Et pour sortir d’une telle trajectoire qui ne peut que nous conduire de façon inéluctable vers le misérabilisme,il nous faut de la compétence,de l’ingéniosité ,de l’amour d’Haïti et ses différentes caractéristiques, il est difficile de les trouver en un seul homme au milieu des tracasseries.Ils sont multiples certes que connaît le pays actuellement, mais fort heureusement, il y a un Homme, un Enseignant chercheur, un Prof d’université Me Mathias Lauréus qui s’est singularisé. Dans un élan d’amour et de patriotisme, jetons notre dévolu, hommes et femmes haïtiennes ,à la manière des signataires du texte,au moment de la Révolution sur ce Prof qui se passe de présentation.
J.L.T.






