De la promesse de changement à la chute de la liberté : l’ascension et la mutation du régime de Samia Suluhu Hassan en Tanzanie

Par TRiboLAND.com
L’investiture de Samia Suluhu Hassan en tant que présidente de Tanzanie ce lundi marque une étape cruciale dans la trajectoire politique du pays. Élu dans un contexte où ses principaux concurrents ont été disqualifiés ou emprisonnés, Hassan avait initialement été perçue comme une figure susceptible d’introduire des changements démocratiques après son accession au pouvoir en 2021. Cependant, l’analyse des événements récents révèle une transformation préoccupante vers une gouvernance de plus en plus autoritaire.
La cérémonie de prise de fonction s’est déroulée à huis clos, devant une audience restreinte, et a été marquée par des discours prônant « l’unité et la solidarité ». Cependant, cette déclaration contraste fortement avec le contexte national, caractérisé par des protestations massives et inédites, survenues dans les cinq jours précédant l’investiture. Ces manifestations, qui ont mobilisé une large partie de la population, ont été violemment réprimées, faisant potentiellement plusieurs centaines de morts, selon diverses sources.
Sur le plan électoral, Hassan a bénéficié d’un scrutin marqué par l’absence de principales figures d’opposition, qui ont été soit emprisonnées, soit disqualifiées. La victoire écrasante de près de 98 %, combinée à un taux de participation élevé (87 %), soulève des questions sur la légitimité du processus électoral. La version officielle minimise la portée des troubles, imputant la violence à des « criminels » isolés, tandis que l’opposition et certains observateurs évoquent une répression systématique visant à éliminer toute réelle contestation.
Ce contexte dessine une image d’un régime dont la dynamique semble évoluer d’une posture initiale de réforme vers une gouvernance autoritaire et répressive. La trajectoire de Samia Suluhu Hassan illustre ainsi les défis que rencontre la Tanzanie dans la consolidation de ses institutions démocratiques et dans la gestion de l’opposition politique






