Kenya : Les enfants laissés derrière par les soldats britanniques rencontrent des difficultés à établir leur identité.

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TRiboLAND

Par TRiboLAND.com

Margaret Wandia se souvient de cette rencontre fortuite avec le soldat britannique, un moment qui allait changer sa vie à jamais. Tout a commencé lorsqu’elle travaillait dans un bar, à l’aube de la vingtaine, dans sa petite communauté au Kenya. C’était une relation éphémère, d’une semaine, mais elle a laissé une empreinte indélébile.

Trois mois plus tard, la réalité a frappé : elle était enceinte. Loin d’elle l’idée de ce qui l’attendait. Le soldat, quant à lui, avait disparu, laissant Margaret seule face à cette nouvelle. Elle se souvient de la difficulté d’accepter sa situation, ne sachant même pas si le soldat avait quitté le pays ou s’il était toujours là. Ce n’est qu’au moment de l’accouchement qu’elle a réalisé que son enfant serait biracial.

Élever son fils dans un village rural du Kenya n’a pas été une mince affaire. La couleur de peau plus claire de son enfant attirait souvent des commentaires et des regards insistants. Lorsqu’elle a inscrit Louise Gitonga dans un internat, la situation s’est aggravée. Les responsables de l’école pensaient qu’elle avait amené un enfant blanc et en profitaient pour augmenter les frais scolaires. Margaret, se battant pour faire respecter ses droits, insistait sur le fait qu’elle était une simple ouvrière journalière, sans ressources. Elle s’est battue pour que son fils puisse poursuivre ses études sans être renvoyé pour des arriérés de paiement.

Aujourd’hui, Louise, âgé de 26 ans, est devenu un jeune homme déterminé. Ensemble, ils participent à une initiative portée par un avocat kenyan, qui vise à rassembler des enfants comme lui pour les emmener en Angleterre, à la recherche d’un avenir meilleur. Margaret, avec résilience, continue de défendre son fils et d’autres enfants biraciaux, espérant qu’un jour, leur histoire sera entendue et reconnue.

Louise Gitonga, un jeune homme biracial vivant dans un Kenya majoritairement conservateur, ressent profondément l’exclusion de sa communauté. En grandissant, il a souvent été confronté à des défis liés à son identité. Son apparence, qualifiée de “trop blanche”, lui a valu d’être mis à l’écart, tant dans le domaine de l’éducation que dans celui de l’emploi.

Actuellement, Louise se débat avec le chômage et des problèmes de dépendance. Il partage son vécu avec une grande douleur : “Je me sens différent des autres, mes frères et sœurs. Mon beau-père, qui m’a élevé, est noir. Cette crise d’identité m’a poussé vers l’alcoolisme.”

Son enfance a été marquée par l’absence de son père biologique, un vide qui lui pèse lourdement. La communauté dans laquelle il vit n’a pas su faire preuve de compréhension face à son mal-être. “Partout où je vais, les gens m’appellent un homme blanc. D’autres me traitent d’albinos. Ces mots me font souffrir,” confie-t-il, le regard empreint de tristesse.

Louise aspire à comprendre son passé et à trouver des réponses. “J’aimerais savoir qui est mon vrai père et pourquoi il m’a laissé lutter.” Cette quête d’identité est pour lui une nécessité, une étape essentielle pour se reconstruire et trouver sa place dans un monde qui lui semble souvent hostile.

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